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La République Centrafricaine  est en proie depuis plus d’une décennie à des crises politico-militaires qui ont des conséquences graves sur tous les secteurs du pays. Malgré le Dialogue national de septembre 2003 qui cherchait à regrouper l’ensemble des partis politiques et des organisations de la société civile en vue de déterminer les orientations communes quant à l’établissement d‘institutions politiques, économiques et sociales et à introduire la tenue d‘élections législatives et présidentielles libres et transparentes en 2010, des groupes d’opposition armés continuent à se multiplier dans le pays dont les plus importants sont : 

– L’Armée Populaire pour la Restauration de la Démocratie (APRD) ;

– Le Front Démocratique du Peuple Centrafricain (FDPC) ;

– L’Union des Forces Démocratiques pour le Rassemblement (UFDR);

– Le Mouvement des Libérateurs Centrafricains pour la Justice (MLCJ) ;

– L’Union des Forces Républicaines (UFR).

Centraf1La République Centrafricaine a connu neuf principales crises politico-militaires entre 1960 et 1990, dont un soulèvement militaire en 1963, trois coups d’état militaires, (1966, 1979, 1981), et cinq tentatives de coup d’état, (1969, 1973, 1976, 1982 et 1990).

Pillages, viols, famine et maladie

Depuis le 10 décembre 2012, le pays se retrouve de nouveau dans une situation sécuritaire critique dans le Centre et dans l’Est. Des affrontements armés ont malheureusement occasionné la perte de plus d’une centaine de vies humaines en plus de certains acquis antérieurs en matière d’accessibilité et d’utilisation des services sociaux de base par la population des localités concernées.

Selon les informations obtenues, de durs affrontements armés entre les forces belligérantes ont entraîné le pillage, voire la destruction de certains services de santé, d’eau potable et surtout, ont occasionné des blessures graves à la population civile.

En outre, des milliers de personnes se sont réfugiées dans la brousse, fuyant les combats ou tout simplement à cause de leurs habitations détruites. Tout le personnel soignant s’est enfui pour se réfugier dans la capitale Bangui, rendant ainsi non fonctionnelles toutes les formations sanitaires dans les zones de conflit et aggravant les risques de morbidité et de mortalité. Depuis lors, ces localités (Diocèses de Bambari, Kaga Bandoro, Alindao, Bangassou) ont sont devenues inaccessibles et sont dorénavant privées d’approvisionnement en médicaments et autres produits de première nécessité.

Aussi, plusieurs cas de viols et d’abus sur les filles ou les femmes par les combattants ont été révélées. Mgr Vanbul que nous avons joint par Internet nous a déclaré que 449 personnes sont actuellement réfugiées à l’Évêvhé et, le peu de réserves dont il dispose, a déjà été partagé. La population commence à mourir de faim et de maladie.

Des centaines de milliers de personnes déplacées 

Centraf2Il y a encoré 40 rebelles qui sont là, à Kaga Bandoro, et qui cherchent les autorités civiles. Le CICR est présente et travaille avec la Caritas, mais ils n’ont  pas beaucoup de moyens puisqu’ils sont coupés de Bangui. Pendant ce temps, la communication ne passe pas à Bambari. Une fois que nous avons joint Mgr Mathos par Turaya, il nous a informé quant aux pillages excessifs des rebelles, dont ceux des biens du Diocèse, évalués à plus de 1 000$.

Selon la FAO, des centaines de milliers de personnes – de Kaga Bandoro, Bambari, Sibut, Damara – sont dans la brousse. Les réserves de semences de céréales stockées dans les greniers ont été pillées et les tubercules de manioc arrachées dans les parcelles. De plus, le petit élevage est décimé et les éleveurs de gros bétail sont pourchassés et dépouillés de leur cheptel.

De manière générale, la situation reste tendue et les gens vivent dans la peur. « Hier, nous dit l’abbé Elysée Guedjande de SEN Caritas en Centrafrique, nous étions à une réunion convoquée par le Ministère de la Santé en vue de mettre en place un plan de contingence, avec les ONG humanitaires et les ONG locales. Toutefois, tout dépend de l’ouverture des couloirs humanitaires. Le Ministre de la Santé n’était pas en mesure de nous en dire plus à ce sujet.»

Pour ce qui du Diocèse de Bangui, certains déplacés de Damara, de Bossangoa sont accuillis dans des familles chrétiennes et dans certaines paroisses où ils sont pris en charge. D’autres se sont installés dans les localités de Kpalongo, Samba, Yamboro, Sekia, de Ndangala, Sabongo sur la route de M’Baïki. On évalue le nombre entre 240-400 ménages par localité.

Et l’abbé de conclure: « Nous essayons toujours d’entrer en contact avec Mgr Mathos et Mgr Vanbuel pour avoir de plus amples informations. Nous avons demandé aux autres Caritas Diocésaines de procéder aux collectes des données concernant les déplacés et pour connaître leur situation. Nous sommes en train de préparer un plan d’aide d’urgence pour les Diocèses les plus touchés et pour ceux susceptibles d’avoir des effets collatéraux de cette crise. »

AED International – Adaptation Robert Lalonde, AED Canada

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