Recherche par date
octobre 2026
D L M M J V S
 123
45678910
11121314151617
18192021222324
25262728293031
Archives
Le très professionnel commandant de la Gendarmerie vaticane, un chrétien convaincu, sort de sa réserve.

À Rome, on l’appelle l’« ange gardien » du Pape. Domenico Giani, 52 ans, commande depuis neuf ans la gendarmerie vaticane, chargée de la sécurité du plus petit état du monde. Ce militaire, qui vit sa mission presque comme un sacerdoce, a bien voulu sortir de sa réserve coutumière pour répondre aux questions du magazine Poliziamoderna, la revue de la police d’État italienne.

Photo: Massimiliiano Migliorato/CPP

Photo: Massimiliiano Migliorato/CPP

À propos des menaces répétées de l’EI contre l’Italie et le Vatican, Domenico Giani remarque qu’une chose est de menacer, mais planifier une attaque en est une autre. Pour le moment, affirme-t-il, il n’y a pas, à sa connaissance, de plan d’attaque avéré contre le Vatican et le Saint-Père. Mais l’EI n’est pas l’ennemi le plus dangereux, affirme l’ange gardien du Pape : les actions solitaires représentent un plus grand danger, car elles sont imprévisibles. Elles peuvent aussi bien venir de fanatiques, que de personnes dérangées, de mythomanes ou d’anonymes qui veulent simplement attirer l’attention des médias.

Ce n’est pas au Pape à s’adapter à nous, c’est à nous de le faire

Comment le pape François vit-il les situations à risques autour de sa personne ? Il n’entend pas renoncer à son style, fondé sur la proximité et la rencontre avec le plus grand nombre d’hommes et de femmes. « Le prêtre qu’il est toujours ne veut pas perdre le contact avec son troupeau », insiste le commandant Giani. Le fait qu’il réside à la Maison Sainte-Marthe, moins inacessible que les anciens appartements pontificaux, complique un peu la tâche de la gendarmerie vaticane.

Mais, confesse son commandant, « c’est à nous de nous adapter et de tout faire pourqu’il puisse assurer son ministère comme il le souhaite ». Même quand il décide, au dernier moment, de visiter un camp de réfugiés, comme il y a quelques jours, lors de sa visite dans la paroisse romaine de Pietralata. Le Pape, poursuit-il, est conscient des menaces qui pèsent sur lui. Mais sa seule préoccupation, ce sont les milliers de fidèles présents chaque jour au Vatican : musées, basilique, place Saint-Pierre…

La protection de Benoît XVI, qui incombe aussi à la Gendarmerie vaticane (qui pour la première fois de son existence doit protéger deux Papes en même temps) est plus simple : le Pape émérite, qui réside dans un monastère, à l’intérieur de la Cité du Vatican, se limite à une promenade par jour dans les jardins. Il l’accomplit sous escorte limitée.

À travers le contact et la collaboration avec de nombreux États, le commandant Giani est en mesure d’affirmer : le Pape est estimé dans de nombreux pays musulmans, où on le considère comme l’autorité la plus influente au monde. Ses efforts pour le dialogue interreligieux et la paix entre les peuples sont connus et appréciés.

Aller jusqu’au bout en s’appuyant sur le Christ

Domenico Giani, qui a servi la République italienne avant d’entrer au service du Saint-Siège, se dit heureux d’avoir pour mission de « protéger le Vicaire du Christ sur terre ». Pour lui, l’honneur et la joie éprouvés compensent les sacrifices. Il se dit soutenu par sa foi, qui lui donne la sérénité dans ce travail où il risque sa vie. Voici sa devise : « Faire jusqu’au bout, en cherchant à faire le mieux possible cette part inutile qui est la mienne, et laisser faire le reste au Seigneur ». Pour le moment, il se dit heureux, en tant que chrétien, de ne pas avoir eu à faire usage de son arme, ni même d’avoir eu à s’en servir pour menacer. Il rappelle toutefois les paroles du Saint-Père après son voyage en Corée du Sud : il est licite d’arrêter l’agresseur injuste (à condition de le faire dans le cadre de l’ONU).

Actuellement, la Gendarmerie du Vatican compte 130 gendarmes. C’est peu, peut-être pas assez, au regard des circonstances, remarque leur chef, mais l’austérité touche aussi le Vatican. Une vingtaine d’entre eux sont spécialement formés contre le terrorisme. Certains accompagnent le Pape durant ses voyages. On y entre par le biais d’un concours, ouvert à ceux qui répondent aux critères suivants : il faut être diplômé, mesurer au moins 1 m 78, mais pas forcément être militaire, même si cela est un plus ; et surtout, être un bon chrétien et aimer l’Église. La gendarmerie vaticane est un corps très convoité : lors du dernier concours, quelque 1 000 jeunes se sont présentés, pour seulement 20 postes. Il n’y a aucune place pour les femmes dans ce métier à risque. Pour le moment, en tout cas.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *