Pour le nonce apostolique en Israël et délégué pour la Palestine, Mgr Giuseppe Lazzarotto, les attentes autour de la venue du pape François en Terre Sainte sont très grandes et ne pourront pas toutes être comblées, la visite ne durant que du 24 au 26 mai.
Alors qu’il recevait une délégation de journalistes de l’Aide à l’Église en Détresse (AED) en provenance de divers pays – Canada, Espagne, Chili, Allemagne, Royaume-Uni, Suisse – à Jérusalem, la semaine dernière, Mgr Giuseppe Lazzarotto a tenu à souligner que le cœur de la visite du Pontife sera la rencontre entre le pape François et le patriarche œcuménique de Constantinople Bartholomée Ier. Ainsi, cette visite rappellera celle qu’il y eu 50 ans plus tôt entre le Pape Paul VI et le patriarche œcuménique Athénagoras Ier.
D’abord à Amman, puis Bethléem
Le Saint Père entamera son voyage à Amman, dans le Royaume de Jordanie. Après une visite de courtoisie auprès du Roi Abdallah II, le Pape célébrera une messe dans le stade d’Amman durant l’après-midi. Pour des raisons de sécurité, seules 20 000 personnes pourront y assister. Ensuite, le Saint Père se rendra sur le site du baptême du Seigneur, sur la rive jordanienne du Jourdain, afin d’y rencontrer des réfugiés syriens et iraquiens ainsi que des malades et des handicapés. Il y aura environ 400 personnes triées sur le volet. Selon le nonce, le Pape passerait la nuit dans la nonciature apostolique à Amman.
Le matin du 25 mai, le Saint Père partirait directement pour Bethléem dans un hélicoptère jordanien. Le Pape décollera probablement du vieil aéroport de Marka, comme Paul VI il y a un demi-siècle, et non du nouvel aéroport d’Amman. À Bethléem, le président palestinien Mahmoud Abbas le recevra au palais présidentiel. De là, le Pape se rendra en véhicule ouvert à la Place de la crèche, devant la basilique de la Nativité, où il célébrera une Sainte Messe. « C’est la seule possibilité pour les gens de voir le Pape de près », affirme le nonce avant d’ajouter qu’à Jérusalem, ce sera impossible.
« Mais là aussi, poursuit-il, il ne se déplacera pas dans un véhicule blindé. Il refuse par principe de le faire, parce que cela signaliserait la peur et enverrait un mauvais message aux gens. Malheureusement, seulement 10 000 personnes pourront assister à cette messe, parce que la Place de la crèche ne pourra en accueillir davantage.
Par ailleurs, cette messe constituerait la cérémonie centrale pour tous les catholiques de Terre Sainte, autant de Palestine que d’Israël. « À la différence de ses prédécesseurs, le Pape François ne se rendra pas à Nazareth, ni ne célébrera de messe publique à Jérusalem. Sur le plan pastoral, nous devons donc nous concentrer le mieux possible sur cette messe. Mais nous devons respecter que cette fois, c’est la rencontre avec le patriarche Bartholomée qui prime. » Après la messe, un déjeuner serait prévu entre le Pape et quelques familles palestiniennes dans la maison des Franciscains.
Accueil du Président, rencontre avec le Patriarche
Après une prière privée dans la basilique de la Nativité et une rencontre avec des enfants palestiniens réfugiés, un hélicoptère jordanien amènerait le Saint Père à l’aéroport Ben Gurion près de Tel-Aviv, où il serait accueilli officiellement par Shimon Peres, le président de l’État d’Israël. De là, un hélicoptère israélien emmènera le Pape à Jérusalem.
Après son arrivée, il se rendra d’abord brièvement à la nonciature apostolique, où il rencontrera le patriarche Bartholomée pour y signer une déclaration commune, tandis que son escorte continuerait déjà vers le Saint-Sépulcre. « Là, à l’entrée de ce sanctuaire, le Pape rencontrera à nouveau le patriarche. Tous deux viendront symboliquement de deux directions différentes. Ils pénétreront ensemble dans la basilique, et se rendront à Golgotha, lieu de la crucifixion du Christ, ainsi que sur le tombeau du Christ. » Selon le nonce, ils prieront et tiendront des discours.








