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Il y a presque douze ans, la Belgique autorisait l’euthanasie pour les adultes. En février dernier, c’est l’euthanasie pour les mineurs en fin de vie qui a été adoptée (Cf Synthèse de presse Gènéthique du 14 février 2014). Dans un dossier, l’hebdomadaire Pèlerin a tenté de comprendre une telle évolution et met en parallèle une unité hospitalière française, qui, elle, choisit de soigner jusqu’au bout les adolescents en fin de vie. 

Photo CNS/gracieuseté Fur Circus

Photo CNS/gracieuseté Fur Circus

Le politologue Pascal Delwit explique cette évolution par le fait que « depuis 2000, les démocrates-chrétiens ne dominent plus l’échiquier politique. Ceci reflète une déchristianisation récente mais forte de la population. […] Désormais, ce sont des partis très laïques, liés à la franc-maçonnerie, libéraux de droite ou socialiste qui gouvernent ». Désormais, déplore le P. Eric de Beukelaer, chanoine de Liège et blogueur, « le pragmatisme ultralibéral l’a emporté sur l’humanisme social. L’individu n’est plus vu que comme un être autonome qui fait ses choix seul« .

Selon Marie-Geneviève Pinsart, vice présidente du Comité consultatif de bioéthique de Belgique (CCBB), cette nouvelle loi « crée un espace de liberté supplémentaire. Elle n’oblige personne. Et elle dépénalise sous conditions ce qui est très différent de distribuer un permis de tuer« .

Pour autant, des voix discordantes essayent de se faire entendre. Ainsi en a-t-il été de 200 pédiatres sur les 1200 que compte le pays, qui ont signé une pétition contre la loi ou encore du Pr Eric Sariban, cancérologue pédiatrique: « j’ai suivi jusqu’au bout 84 jeunes atteints de tumeurs cérébrales. Pas un ne m’a adressé une telle demande [i.e demande d’euthanasie]. Parce que nous savons désormais briser ces ‘souffrances intolérables’ dont parle la loi« .
Pour d’autres, comme le pédopsychiatre Philippe Van Meerbeeck, c’est l’absence de limite d’âge qui est dangereux. Cette « liberté de choix sans limite d’âge ne vaut pas en droit, pour un enfant.« On sait bien que ce sont ses parents et ses médecins qui vont décider » expliquent les juristes Etienne Dujardin et Drieu Godefrifi, fondateur du mouvement des Dossards jaunes.

Alors que la Belgique étend l’euthanasie aux mineurs, certaines unités, elles, soignent « jusqu’au bout » des adolescents. Ainsi en est-il à l’unité Coquelicot de l’hôpital Saint-Louis à Paris. Le Pr Nicolas Boissel, chef du service d’hématologie pour « adolescents et jeunes adultes », explique: « je dirais que nos patients sentent la vie jusqu’au dernier instant« . Cécile Perrier, Psychologue clinicienne précise: « Depuis cinq ans que l’unité existe, nous n’avons jamais eu de demande d’euthanasie ni même d’arrêt des soins« . Dans cette unité, l’équipe s’interdit de dire: « C’est fini, il n’y a plus rien à faire« . « Lorsqu’on n’est plus dans les chimiothérapies lourdes, les attentes de greffes, on privilégie leur confort et leurs désirs. Ce message-là, nos patients l’entendent souvent mieux que les parents« . Pèlerin (Sophie Laurant) 27/03/2014

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