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Par Oliver Maksan, AED Intenational
Adaptation Robert Lalonde, AED Canada

Le père Rafik Greiche, chargé de presse de la Conférence épiscopale catholique d’Égypte, a souligné que la destitution du président islamiste Mohammed Morsi par l’armée égyptienne n’était pas un coup d’État. « L’armée a exécuté la volonté du peuple.

égypte1Ces derniers jours, le peuple a exprimé cette volonté sans aucune équivoque à travers des millions de signatures et de gigantesques manifestations au Caire et dans l’ensemble du pays », a déclaré le prêtre catholique grec dans un entretien accordé à l’œuvre internationale de bienfaisance catholique, l’Aide à l’Église en détresse (AED).

« Certains médias occidentaux le décrivent maintenant comme un coup d’État. Un putsch, c’est quand des officiers s’emparent du pouvoir et agissent sans l’approbation du peuple. Or, ce n’est pas ce qui a eu lieu en Égypte. L’armée voulait éviter l’effusion de sang annoncée par les Frères musulmans. Voilà pourquoi elle est intervenue. »

Le général Al-Sisi, chef des forces armées égyptiennes, avait annoncé, le 3 juillet dernier, dans une allocution télévisée, la destitution du chef d’État Mohamed Morsi ayant effet immédiatement et la création d’un gouvernement intérimaire jusqu’à la tenue de nouvelles élections législatives et présidentielles. En outre, la Constitution adoptée en décembre 2012 a été suspendue. Des Égyptiens laïcs et chrétiens n’avaient jamais cessé de critiquer les tendances islamistes du texte adopté en décembre dernier à la suite d’ un référendum.

 « Un jour heureux pour les chrétiens »

égypte5« La destitution de Morsi et le nouveau départ politique sont un jour heureux pour nous autres chrétiens d’Égypte et pour tous les Égyptiens. Nous espérons que nous ne serons pas exclus du processus politique qui nous attend. » Il serait encore trop tôt pour toute conjecture sur l’avenir de l’association islamiste des Frères musulmans. Toutefois, son échec serait manifeste aux yeux de tous les Égyptiens, a souligné le prêtre, en ajoutant : « Les Frères musulmans n’étaient pas préparés à gouverner. En outre, ce qui leur importait dès le début, c’était l’édification d’un califat islamique, et non l’Égypte en soi en premier lieu. Le peuple ne voulait plus l’accepter plus longtemps. »

Le Père Greiche craint toutefois que les Frères musulmans, chassés du pouvoir, ne se vengent et attisent des troubles. Dans ce contexte, il y aurait déjà eu des premiers cas de violence islamiste envers des institutions chrétiennes, affirme le prêtre. « À deux reprises la semaine dernière, des exactions ont été commises contre une église catholique près de Minya. Le bâtiment a été légèrement endommagé. Mais ce sont surtout les commerces chrétiens à proximité qui ont été sinistrés. »

Le Père Greiche a souligné en outre qu’il revenait à présent à l’université Al-Azhar, au Caire, principale institution islamique du pays, de faire revenir dans le droit chemin les jeunes gens induits en erreur par l’idéologie des Frères musulmans. « Oui, l’Égypte est un pays religieux. C’est vrai pour les musulmans et pour les chrétiens, mais les Égyptiens ne sont pas des fondamentalistes », assure le Père  Greiche.

Globalement, il se dit optimiste en ce qui concerne l’avenir politique de l’Égypte. « L’opposition non islamique a trouvé une nouvelle unité. Ce qui est essentiel, c’est que la jeunesse conduise la politique et pas l’inverse. Les jeunes gens de la Place Tahir doivent maintenant être associés au processus. On ne doit pas les exclure une nouvelle fois comme après la révolution de 2011. »

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