Recherche par date
octobre 2026
D L M M J V S
 123
45678910
11121314151617
18192021222324
25262728293031
Archives
Photos du départ de Benoît XVI, « pèlerin sur cette terre »
L'insigne représentant la vacance du Siège apostolique (illustration CNS/Tim Meko).

L’insigne représentant la vacance du Siège apostolique (illustration CNS/Tim Meko).

Au cours de la dernière journée d’exercice de sa charge de Pontife romain, le pape Benoît XVI a indiqué, comme moteur de sa vie et de la vie des cardinaux, l’amour de l’Église et du monde. Depuis 20 h, 28 février 2013, le Siège apostolique est « vacant » et les cardinaux doivent organiser le conclave. Retour sur une journée historique.

La veille du départ, une foule de plusieurs milliers de fidèles s'est rassemblée sur la Place St-Pierre  pour prier, chanter et rendre hommage à Benoît XVI (photo CNS/Paul Haring).

La veille du départ, une foule de plusieurs milliers de fidèles s’est rassemblée sur la Place St-Pierre pour prier, chanter et rendre hommage à Benoît XVI (photo CNS/Paul Haring).

Les rendez-vous de cette journée inouïe ont été chargés d’émotion :

à 11h, la rencontre de Benoît XVI et des 144 cardinaux présents à Rome et le personnel de la curie,

à 16 h 55 l’au-revoir en la cour Saint-Damase,

à 17 h 05, le départ en hélicoptère,

à 17 h 25 l’arrivée à Castelgandolfo.

Et puis la dernière bénédiction de Benoît XVI en tant que pape en exercice,

17 h 45, Benoît XVI s’esquive, en toute simplicité

20 h, relève entre la Garde suisse pontificale, et la gendarmerie vaticane.

Aux cardinaux

En huit ans, Benoît XVI a renouvelé l’Église

Par Anita Bourdin

 « Parmi vous, dans le Collège cardinalice, il y a aussi le futur Pape auquel déjà aujourd’hui je promets ma révérence et mon obéissance inconditionnelles » : cette déclaration, inédite, de Benoît XVI a été commentée par le porte-parole du Saint-Siège, le P. Federico Lombardi, lors de sa rencontre quotidienne avec la presse au Vatican.

À 11h, la rencontre de Benoît XVI et des 144 cardinaux présents à Rome ainsi que le personnel de la Curie (photo CNS/L'Osservatore Romano via Reuters).

À 11h, la rencontre de Benoît XVI et des 144 cardinaux présents à Rome ainsi que le personnel de la Curie (photo CNS/L’Osservatore Romano via Reuters).

« C’est un acte très beau qui vise expliquer, a-t-il souligné, quelle est son attitude et comment il vivra cette situation inédite d’un pape émérite. Il n’a aucune intention d’interférer dans les positions, les décisions, les activités de son successeur. Comme tout membre de l’Église, il reconnaît pleinement l’autorité du pasteur suprême de l’Église dans celui qui lui succèdera ».

On pouvait « prévoir » cette attitude, fait observer le P. Lombardi, mais que Benoît XVI «le dise en ce dernier jour de son pontificat, c’est très beau », cela « complète » sa communication sur son attitude  lors de l’audience du mercredi 27 février 2013, place Saint-Pierre.

Il s’agissait d’une « communication spéciale aux collèges des cardinaux, très profonde, pour qui est responsable d’élire » son successeur et le pape souligne ce qui est « vraisemblable », à savoir que son successeur fait partie de ce Collège cardinalice.

 Un pape « révolutionnaire »

Par Antonio Gaspari

Des fidèles sur la Place St-Pierre ont pu suivre sur écran géant le départ en hélicoptère vers la résidence papale de Castel Gandolfo (photo CNS/Stefano Rellandini, Reuters).

Des fidèles sur la Place St-Pierre ont pu suivre sur écran géant le départ en hélicoptère vers la résidence papale de Castel Gandolfo (photo CNS/Stefano Rellandini, Reuters).

À son élection, il a été dépeint comme un sévère gardien de l’orthodoxie, comme un vieil homme et un rigide conservateur de la structure, en réalité le travail de réforme, de renouvellement et de refondation que le pape Benoît XVI a réalisé, en 8 ans de pontificat, dans l’Église, apparaît révolutionnaire.

Il n’était pas encore pape quand, lors de la neuvième station du Chemin de croix de 2005, il a dit : « Que peut nous dire la troisième chute de Jésus sous le poids de la croix ? Peut-être nous fait-elle penser plus généralement à la chute de l’homme, au fait que beaucoup s’éloignent du Christ, dans une dérive vers une sécularisation sans Dieu ».

Ces propos n’étaient pas une réflexion hors du temps, d’ailleurs il poursuit en disant : « Mais ne devons-nous pas penser également à ce que le Christ doit souffrir dans son Église elle-même ? ».

Une femme pleure à proximité d'un écran géant permettant de suivre le départ de Benoît XVI (photo CNS /Stefano Rellandini, Reuters).

Une femme pleure à proximité d’un écran géant permettant de suivre le départ de Benoît XVI (photo CNS /Stefano Rellandini, Reuters).

« Combien de fois, disait-il, abusons-nous du Saint-Sacrement de sa présence, dans quel coeur vide et mauvais entre-t-il souvent ! Combien de fois ne célébrons-nous que nous-mêmes, et ne prenons-nous même pas conscience de sa présence ! Combien de fois sa Parole est-elle déformée et galvaudée ! ».

Ou encore : « Quel manque de foi dans de très nombreuses théories, combien de paroles creuses ! Que de souillures dans l’Église, et particulièrement parmi ceux qui, dans le sacerdoce, devraient lui appartenir totalement ! Combien d’orgueil et d’autosuffisance ! Que de manques d’attention au sacrement de la réconciliation, où le Christ nous attend pour nous relever de nos chutes ! ».

« Tout cela est présent dans sa passion. La trahison des disciples, la réception indigne de son Corps et de son Sang, sont certainement les plus grandes souffrances du Rédempteur, celles qui lui transpercent le coeur. Il ne nous reste plus qu’à lui adresser, du plus profond de notre âme, ce cri : Kyrie, eleison – Seigneur, sauve-nous (cf. Mt 8, 25) », ajoutait-il.

Un membre de la Garde Suisse ferme la porte de la villa pontificale de Castel Gandalfo pour signaler ainsi la fin du service à la papauté de Benoît XVI (photo CNS/Paul Haring).

Un membre de la Garde Suisse ferme la porte de la villa pontificale de Castel Gandalfo pour signaler ainsi la fin du service à la papauté de Benoît XVI (photo CNS/Paul Haring).

Le courage et la force de ces paroles ont été si convaincants pour les cardinaux et l’Esprit Saint que le cardinal Joseph Ratzinger a été élu pape sous le nom de Benoît XVI.

Il rejeta aussitôt les tentations de gérer un pontificat de transition, à un moment où il n’aurait du faire qu’en sorte que la barque de Pierre ne coule pas devant les difficultés internes et externes qui étaient en train de grandir.

Malgré la fragilité de sa santé et le poids des années, il accepta avec joie et foi le devoir de rénover l’Église, en la poussant vers une nouvelle évangélisation.

Il connaissait les difficultés qu’il aurait rencontrées. Quand il se présenta pour la première fois à la loggia de la basilique de Saint-Pierre, il déclara qu’il était « un humble ouvrier de la vigne de Seigneur ».

Peu de personnes comprirent. Le premier devoir de l’ouvrier de la vigne est d’élaguer. Comme a dit le nonce au Kirghizistan et Tadjikistan, Mgr Miguel Maury Buendia, dans un entretien à EWTN News, rapporté aussi par le vaticaniste italien Marco Tosatti, Benoît XVI « a fait du nettoyage dans l’épiscopat : il a retiré deux ou trois évêques par mois un peu partout dans le monde car leurs diocèses étaient un gâchis, ou leur discipline une catastrophe ».

« Les nonces se rendaient chez les évêques et leur disaient: « le Saint-Père vous demande pour le bien de l’Église de donner votre démission ». Presque tous les évêques, quand le nonce arrivait, reconnaissaient le désastre et acceptaient de renoncer. Il y a eu deux ou trois cas, où ils ont dit non, et le pape alors les a tout simplement démis de leurs fonctions. Et ceci est un message aussi pour les évêques: faites la même chose dans votre diocèse ».

L'hélicoptère transportant le pape passe devant la coupole de la basilique St-Pierre en route pour Castel Gondolfo (photo CNS /Alessandro Bianchi, Reuters).

L’hélicoptère transportant le pape passe devant la coupole de la basilique St-Pierre en route pour Castel Gondolfo (photo CNS /Alessandro Bianchi, Reuters).

Pas facile de nettoyer ! Dans l’homélie de la première messe de son pontificat Benoît XVI a demandé aux fidèles : « ne me laissez pas seul, priez pour moi, pour que la peur ne me fasse pas fuir devant les loups ».

Ces paroles fortes, nous sont revenues à l’esprit quand on a découvert que le majordome du pape photocopiait et passait la correspondance privée du pape à des personnes qui utilisaient ensuite ces informations pour créer du scandale, des divisions, faire peur.

Mais, sans rien enlever à ce geste héroïque, on ne saurait s’égarer à penser que Benoît XVI, durant son pontificat, se soit limité à un simple nettoyage de l’Église.

Le pape Benoît salue la foule rassemblée à Castel Gandalfo. C'était sa dernière apparition publique avant de se retirer. «Je suis un simple pèlerin qui commence la dernière étape de son pèlerinage sur cette terre» (photo CNS/Paul Haring).

Le pape Benoît salue la foule rassemblée à Castel Gandalfo. C’était sa dernière apparition publique avant de se retirer. «Je suis un simple pèlerin qui commence la dernière étape de son pèlerinage sur cette terre» (photo CNS/Paul Haring).

Le pape ne s’est pas limité à élaguer l’arbre millénaire de l’Église, il a soigné et fait grandir ses racines et ses branches, ses jeunes pousses. Il nous a ravis avec ses catéchèses hebdomadaires et avec ses livres et interventions, il a parlé avec courage et sagesse aux gouvernements du monde, il a cherché à recoudre les schismes avec les différentes confessions chrétiennes, en proposant des solutions éclairantes, il a soutenu les laïcs et les mouvements d’Église, il a encouragé le clergé et les religieux, il a suscité des vocations, il a poussé toute l’Église à développer une Année de la foi pour trouver l’enthousiasme à lancer une nouvelle évangélisation.

Conscient de la gravité de ce moment historique et de l’importance de l’Église catholique pour le monde, Benoît XVI s’est remis dans les mains de la Miséricorde divine, assumant le rôle d’un pape émérite et laissant la place à un conclave pour l’élection d’un nouveau pape.

Nous remercions le Seigneur pour tout ce que notre bien-aimé pape Benoît XVI a fait pour l’Église et pour l’humanité, et nous attendons avec confiance l’arrivée de son successeur.

Traduction d’Océane Le Gall

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *