« Le M23* s’est retiré du centre de Goma mais contrôle encore l’aéroport et les environs de la ville. Il ne s’est pas retiré à 20 Km de Goma comme cela a été annoncé » déclare à l’Agence Fides le Père Loris Cattani, quelques jours après l’annonce du retrait des rebelles du mouvement M23.
Le père Cattani, est un missionnaire xavérien et animateur du Réseau Paix pour le Congo qui suit l’évolution de la situation à Goma, chef-lieu du Nord Kivu (dans l’est de la République démocratique du Congo).
« Parmi la population, certains affirment en outre qu’une partie des combattants du M23 serait demeurée en ville, déguisée en agents de police congolais ou en civils » continue le missionnaire. « A Goma, dans tous les cas, prévaut un calme relatif après l’arrivée de 1.500 agents de police et de quelques 800 militaires de l’armée congolaise, envoyés par le gouvernement de Kinshasa ».
Au plan politique, le Père Cattani rappelle que « d’ici quelques jours, est prévu le début de négociations entre le gouvernement congolais et le M23, négociations auxquelles devraient également participer des représentants de l’opposition politique et des membres de la société civile du Nord et du Sud Kivu ».
La première phase de ces négociations se tiendra à Kampala (Ouganda) pour se transférer ensuite à Brazzaville (République du Congo), recourant à la médiation du Président Denis Sassou-Nguesso.
« Le Rwanda et l’Ouganda, qui avaient été accusés par le groupe d’experts de l’ONU d’appuyer le M23, jouent actuellement le rôle de médiateurs. De cette manière, ils se dégagent d’une part des accusations de complicité avec les rebelles et d’autre part, ils continuent à avoir voix au chapitre dans l’est de la RDC » conclut le Père Cattani. (L.M.) (Agence Fides 04/12/2012).
*Le M23 est composé essentiellement d’ex-rebelles Tutsi congolais qui avaient été intégrés à l’armée régulière de RDC en 2009 après un accord de paix signé avec les autorités congolaises. Ils se sont mutinés il y a environ huit mois dans le Nord-Kivu, estimant que cet accord n’avait pas été pleinement respecté (Le Point).









