{"id":9915,"date":"2016-08-31T13:30:59","date_gmt":"2016-08-31T17:30:59","guid":{"rendered":"http:\/\/www.ac3m.org\/?p=9915"},"modified":"2018-05-01T11:11:05","modified_gmt":"2018-05-01T15:11:05","slug":"11-la-genese-revisitee-la-pluralite-divine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ac3m.org\/?p=9915","title":{"rendered":"11- La Gen\u00e8se revisit\u00e9e \u2013 La \u201cpluralit\u00e9\u201d divine"},"content":{"rendered":"<h6 style=\"text-align: right;\"><span style=\"color: #003366;\"><em>\u00ab\u00a0Dieu cr\u00e9a l\u2019homme \u00e0 son image, \u00e0 l\u2019image de Dieu il le cr\u00e9a,<br \/>\nhomme et femme il les cr\u00e9a\u2026<br \/>\nSoyez f\u00e9conds, multipliez, emplissez la terre et soumettez-la\u00a0\u00bb<br \/>\n<\/em> (Gn 1, 27-28).<\/span><\/h6>\n<p><span style=\"color: #800000;\"><strong>Dans mon article pr\u00e9c\u00e9dent, j\u2019ai soulev\u00e9 le probl\u00e8me du pluriel utilis\u00e9 par le r\u00e9dacteur de la Gen\u00e8se pour dire Dieu \u00e0 l\u2019heure de la cr\u00e9ation de l\u2019humanit\u00e9. <em>\u00ab FAISONS l\u2019homme \u00e0 NOTRE image, comme NOTRE ressemblance\u00a0\u00bb <\/em>(Gn 1, 26). Dieu serait-il plusieurs, ai-je demand\u00e9\u00a0? Cette pluralit\u00e9 serait confirm\u00e9e plus loin dans le deuxi\u00e8me r\u00e9cit\u00a0de la cr\u00e9ation : <em>\u00ab\u00a0Voil\u00e0 que l\u2019homme est devenu comme l\u2019un de NOUS pour conna\u00eetre le bien et le mal\u00a0\u00bb\u00a0<\/em>(Gn 3, 22). N\u2019est-il pas \u00e9trange, ce pluriel dans l\u2019\u00c9criture Sainte d\u2019un peuple qui insiste tant par ailleurs sur un seul Dieu, cr\u00e9ateur de tout ce qui existe\u00a0? D\u2019autant plus qu\u2019il ne peut s\u2019agir ici d\u2019un nous \u201cde majest\u00e9\u201d ou \u201cd\u2019excellence\u201d puisque son usage \u00e0 la place du \u201cje\u201d par les personnes en autorit\u00e9 (rois, papes, dignitaires, etc.) remonte au moyen-\u00e2ge seulement.\u00a0<\/strong><\/span><\/p>\n<div id=\"attachment_9916\" style=\"width: 271px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-9916\" class=\"size-medium wp-image-9916\" src=\"https:\/\/www.ac3m.org\/wp-content\/uploads\/2016\/08\/couple-261x300.jpg\" alt=\"Dieu cr\u00e9a l'\u00eatre humain \u00e0 son image, homme et femme il les cr\u00e9a.\" width=\"261\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.ac3m.org\/wp-content\/uploads\/2016\/08\/couple-261x300.jpg 261w, https:\/\/www.ac3m.org\/wp-content\/uploads\/2016\/08\/couple.jpg 554w\" sizes=\"auto, (max-width: 261px) 100vw, 261px\" \/><p id=\"caption-attachment-9916\" class=\"wp-caption-text\">Dieu cr\u00e9a l&rsquo;\u00eatre humain \u00e0 son image, homme et femme il les cr\u00e9a.<\/p><\/div>\n<p>J\u2019ai explor\u00e9 une voie de r\u00e9solution de la difficult\u00e9 en commen\u00e7ant par faire valoir que c\u2019est du genre humain tout entier qu\u2019il est question lorsque Dieu d\u00e9clare\u00a0: <em>\u00ab\u00a0FAISONS l\u2019homme\u2026 et qu\u2019ils dominent\u2026\u00a0\u00bb<\/em>. Une humanit\u00e9 en \u00e9volution, rappelons-le, engag\u00e9e depuis la pr\u00e9histoire sur la voie d\u2019un accomplissement encore \u00e0 venir. Notons cependant que cette <em>\u00ab\u00a0image\u00a0\u00bb <\/em>est \u00e9voqu\u00e9e sous l\u2019angle du couple fertile\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Dieu cr\u00e9a l\u2019homme \u00e0 son image, \u00e0 l\u2019image de Dieu il le cr\u00e9a, HOMME et FEMME il les cr\u00e9a. Dieu les b\u00e9nit et leur dit\u00a0: \u201cSoyez F\u00c9CONDS\u2026\u201d\u00a0\u00bb<\/em> (v. 27-28).<\/p>\n<p>Se pourrait-il donc que la conjugalit\u00e9 manifeste, dans le flou de l\u2019\u00e9nigme, le myst\u00e8re de la Vie divine\u00a0? L\u2019<em>\u00ab\u00a0image\u00a0\u00bb<\/em> r\u00e9v\u00e9lerait alors que l\u2019unicit\u00e9 en Dieu n\u2019est pas solitude.\u00a0Plut\u00f4t relation d\u2019amour apte \u00e0 produire le fruit\u00a0d\u2019une humanit\u00e9, sertie comme une pierre pr\u00e9cieuse dans l\u2019immense univers\u00a0! <em>\u00ab\u00a0Faisons l\u2019homme\u00a0\u00bb<\/em> ! Ne peut-on pas pressentir ici la \u201cconnivence\u201d de l\u2019Amour cr\u00e9ateur\u00a0: P\u00e8re, Fils et Esprit\u00a0?<\/p>\n<p><span style=\"color: #003366;\"><strong>Lecture rationnelle<\/strong><\/span><\/p>\n<p>D\u2019aucuns pourront estimer os\u00e9s de tels sous-entendus th\u00e9ologiques calqu\u00e9s sur l\u2019union conjugale. Ils anticiperaient lourdement sur des r\u00e9v\u00e9lations qui devront attendre quelques si\u00e8cles pour se fixer en dogme trinitaire et servir \u00e0 exposer, par \u00a0analogie, le rapport intime entre Yahv\u00e9 et son peuple, et encore, la relation nuptiale entre le Christ et son \u00e9pouse, l\u2019\u00c9glise. Plut\u00f4t que de s\u2019en remettre \u00e0 de telles interpr\u00e9tations subjectives, les \u00e9rudits chercheront des explications rationnelles \u00e0 cette pluralit\u00e9 divine en se basant sur l\u2019\u00e9tude objective du texte biblique.<\/p>\n<p>Au d\u00e9part, on doit comprendre que la plupart des livres de la Bible ne sont pas l\u2019\u0153uvre d\u2019un seul auteur dans le sens que nous entendons aujourd\u2019hui. Selon la tradition juive et chr\u00e9tienne, pourtant, Mo\u00efse serait l\u2019auteur des cinq premiers livres de la Bible (le Pentateuque pour les chr\u00e9tiens, la Torah pour les juifs comprenant la Gen\u00e8se, l\u2019Exode, le L\u00e9vitique, les Nombres et le Deut\u00e9ronome). Mais l\u2019ex\u00e9g\u00e8se rel\u00e8ve de nombreuses indications \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur m\u00eame de ces livres qui d\u00e9montrent l\u2019invraisemblance de cette attribution.<\/p>\n<p>Par exemple, Mo\u00efse n\u2019a pas pu \u00e9crire lui-m\u00eame les circonstances de sa mort, d\u00e9crites au chapitre 34 du Deut\u00e9ronome. De plus, il ne subsiste \u00e0 ce jour aucune \u00e9vidence arch\u00e9ologique de la p\u00e9r\u00e9grination du peuple h\u00e9breu pendant quatre d\u00e9cennies, entre l\u2019\u00c9gypte et la Terre promise. Si bien que certains auteurs mettent en doute un tel exode ainsi que l\u2019existence m\u00eame du personnage qui l\u2019aurait suscit\u00e9. Toutefois, la plupart des biblistes reconnaissent qu\u2019il n\u2019y a pas de fum\u00e9e sans feu et que l\u2019exigeante sagesse du juda\u00efsme, ch\u00e8rement acquise par tout un peuple, n\u2019aurait pu advenir dans l\u2019histoire en l\u2019absence de la figure charismatique de son proph\u00e8te. On estime que Mo\u00efse a v\u00e9cu autour du XIV<sup>e<\/sup> si\u00e8cle avant J.-C. Or, le premier livre de la Bible aurait \u00e9t\u00e9 compil\u00e9 \u00e0 partir d\u2019un ensemble de textes \u00e9crits entre le VIII<sup>e<\/sup> et II<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle avant\u00a0J.-C. Il y aurait donc quelque chose comme un mill\u00e9naire de distance dans le temps entre la vie de Mo\u00efse et la r\u00e9daction de la Gen\u00e8se.<\/p>\n<p><span style=\"color: #003366;\"><strong>Interpr\u00e9tation ex\u00e9g\u00e9tique<\/strong><\/span><\/p>\n<p>La recherche scientifique met de plus en relief le fait que certains r\u00e9cits bibliques ressortent de traditions transmises oralement de g\u00e9n\u00e9ration en g\u00e9n\u00e9ration pendant plusieurs si\u00e8cles au cours desquels, in\u00e9vitablement, ils ont adopt\u00e9 la forme l\u00e9gendaire. M\u00eame apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 mis par \u00e9crit dans un premier temps, ils ont subi par la suite des transformations qui portent encore la trace des divers milieux culturels, linguistiques, \u00a0g\u00e9ographiques, politiques qu\u2019ils ont travers\u00e9s. Des biblistes d\u00e9c\u00e8lent cinq strates de r\u00e9daction de la Gen\u00e8se. Se pourrait-il alors que le pluriel divin constitue un reliquat d\u2019un contexte culturel pour lequel le concept d\u2019un seul Dieu cr\u00e9ateur n\u2019\u00e9tait peut-\u00eatre pas encore clairement acquis\u00a0?<\/p>\n<p>Le terme en h\u00e9breu que la version fran\u00e7aise du premier r\u00e9cit de la cr\u00e9ation traduit par Dieu, <em>\u00c9lohim<\/em>, confirmerait possiblement cette interpr\u00e9tation. \u00a0Car dans la langue h\u00e9bra\u00efque, \u00c9lohim est la forme plurielle de \u00c9loah. Traduit litt\u00e9ralement, \u00c9lohim signifierait <em>ceux du ciel.<\/em> Pour la Kabbale (une tradition \u00e9sot\u00e9rique du juda\u00efsme), les \u00c9lohim sont au nombre de sept. Selon cette mystique, ce ne sont pas \u00e0 proprement parler des dieux mais des \u201c\u00e9manations\u201d de Dieu, des \u201cpuissances\u201d c\u00e9lestes, cr\u00e9atrices de formes, provenant de l\u2019Unique. Le sens r\u00e9el d\u2019\u00c9lohim s\u2019apparenterait alors \u00e0 des expressions que nous utilisons parfois pour d\u00e9signer l\u2019ensemble des r\u00e9alit\u00e9s d\u2019En-haut\u00a0:\u00a0<em>le Ciel\u00a0<\/em>ou <em>les Cieux. <\/em>Ainsi, <em>\u00ab\u00a0\u00c9lohim dit\u2026\u00a0\u00bb<\/em> ferait allusion \u00e0 \u00a0Dieu et aux Anges, qui, selon une certaine tradition, participent, en tant qu\u2019interm\u00e9diaires, \u00e0 la cr\u00e9ation de notre niveau terrestre de r\u00e9alit\u00e9s<em>.<\/em><\/p>\n<p><span style=\"color: #003366;\"><strong>\u00c9volution conceptuelle<\/strong><\/span><\/p>\n<p>Cette explication rassurante ne devrait cependant pas gommer le fait que la foi en un seul Dieu ne s\u2019est impos\u00e9e que tr\u00e8s graduellement dans l\u2019histoire du peuple h\u00e9breu. <em>Shadda\u00ef<\/em> a d\u2019abord \u00e9t\u00e9 ador\u00e9 par un clan de nomades du d\u00e9sert. C\u2019\u00e9tait un dieu particulier au milieu du polyth\u00e9isme ambiant qui s\u2019\u00e9tait r\u00e9v\u00e9l\u00e9 \u00e0 Abraham en lui promettant un pays et une innombrable post\u00e9rit\u00e9. Le peuple <em>\u00ab\u00a0issu des reins d\u2019Abraham\u00a0\u00bb <\/em>(H\u00e9 7, 5), dans la fiert\u00e9 de sa proximit\u00e9 au Seigneur <em>Adona\u00ef<\/em> (un autre pluriel), a commenc\u00e9 \u00e0 croire que le Dieu des patriarches, le Dieu d\u2019Abraham, d\u2019Isaac et de Jacob, \u00e9tait sup\u00e9rieur aux dieux des autres peuples. Finalement, ce serait Mo\u00efse qui aurait r\u00e9v\u00e9l\u00e9 le nom de Yahv\u00e9 et institu\u00e9 le culte au seul et unique Dieu v\u00e9ritable. Une croyance que le peuple isra\u00e9lite a mis plusieurs si\u00e8cles \u00e0 int\u00e9grer \u00e0 sa culture. Dans les moments difficiles, il demeurait enclin \u00e0 s\u2019en remettre aux conceptions polyth\u00e9istes du milieu culturel dans lequel il se trouvait.<\/p>\n<p>Ces consid\u00e9rations font ressortir le fait que le monoth\u00e9isme a \u00e9t\u00e9 acquis dans l\u2019humanit\u00e9 dans la foul\u00e9e d\u2019une \u00e9volution parall\u00e8le aux autres observ\u00e9es jusqu\u2019ici. Dans les articles pr\u00e9c\u00e9dents, j\u2019ai signal\u00e9 que le peuplement de notre plan\u00e8te selon l\u2019ordre du cr\u00e9ateur\u00a0\u2013\u00a0<em>multipliez, emplissez la terre\u2026\u00a0<\/em>\u2013 ainsi que le harnachement de la mat\u00e9rialit\u00e9 terrestre \u2013 <em>\u2026soumettez-l\u00e0\u00a0<\/em>\u2013\u00a0se sont concr\u00e9tis\u00e9s graduellement dans l\u2019histoire et demeurent en route vers une pleine r\u00e9alisation. J\u2019ai aussi fait allusion \u00e0 l\u2019\u00e9volution culturelle de l\u2019humanit\u00e9 depuis la pr\u00e9histoire, une \u00e9volution dont nous sommes les h\u00e9ritiers et que nous sommes appel\u00e9s \u00e0 prolonger, sous la conduite du Cr\u00e9ateur, vers une destination dont nous ignorons les param\u00e8tres et la forme concr\u00e8te. J\u2019ai encore \u00e9voqu\u00e9 l\u2019\u00e9volution biologique des esp\u00e8ces, dont l\u2019humanit\u00e9 a \u00e9merg\u00e9, \u00e9volution \u00a0implicite \u00e0 la cr\u00e9ation du sixi\u00e8me jour\u00a0: <em>\u00abQue la TERRE PRODUISE des \u00eatres vivants\u00a0\u00bb.<\/em> Finalement, j\u2019ai d\u00e9roul\u00e9 sommairement le sc\u00e9nario du d\u00e9ploiement de la mati\u00e8re cosmique qui poursuit son expansion dans l\u2019espace et le temps\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Que la lumi\u00e8re soit\u00a0!\u00a0\u00bb<\/em>.<\/p>\n<p>Depuis l\u2019\u00e9clatement de \u201cl\u2019atome primitif\u201d, dont la conception rel\u00e8ve du savant chanoine Georges Lema\u00eetre, il n\u2019existe absolument rien, RIEN DU TOUT, qui ne soit le r\u00e9sultat d\u2019une \u00e9volution. Dans l\u2019univers visible, rien ne survient instantan\u00e9ment \u00e0 partir de rien. Tout est mouvance, croissance, d\u00e9veloppement, progression, gradualit\u00e9. Tout se transforme en \u00e9voluant vers une r\u00e9alit\u00e9 non encore existante. Cela vaut pour la mati\u00e8re dont a surgi la vie terrestre. Cela vaut pour le r\u00e8gne animal qui a donn\u00e9 le genre humain. Cela vaut pour l\u2019humanit\u00e9 qui engendre une \u201ccr\u00e9ature nouvelle\u201d, un <em>\u00ab\u00a0Fils de l\u2019homme\u00a0\u00bb<\/em>, que la pens\u00e9e chr\u00e9tienne parvient certes \u00e0 discerner mais comme dans le brouillard du devenir. <em>\u00ab\u00a0Nous voyons, \u00e0 pr\u00e9sent, dans un miroir, en \u00e9nigme, mais alors ce sera face \u00e0 face. \u00c0 pr\u00e9sent, je connais d\u2019une mani\u00e8re partielle; mais alors, je connaitrai comme je suis connu\u00a0\u00bb<\/em> (1 Co 13, 12).<\/p>\n<p>La Bible t\u00e9moigne de cette \u00e9volution universelle. Faut-il se scandaliser du fait qu\u2019elle refl\u00e8te comme en un miroir l\u2019acquisition graduelle de la connaissance de Dieu\u00a0? C\u2019est m\u00eame cette d\u00e9marche \u00e9volutive que l\u2019Esprit Saint propulse actuellement en lan\u00e7ant les humains d\u2019aujourd\u2019hui sur un chemin de conversion dans lequel ils sont appel\u00e9s \u00e0 \u00eatre purifi\u00e9s et sanctifi\u00e9s par la gr\u00e2ce divine. Notre Dieu nous aime et veut nous \u00e9pouser tous et chacun. C\u2019est pourquoi nous avan\u00e7ons dans l\u2019espace et le temps pour \u00eatre conform\u00e9s de plus en plus \u00e0 la Pens\u00e9e cr\u00e9atrice. Nous \u00e9voluons pour devenir, dans l\u2019\u00e9ternit\u00e9, des extensions de l\u2019adorable Substance divine, des \u201ccellules\u201d du Corps de Dieu.<\/p>\n<p><span style=\"color: #003366;\"><strong>Quelle Parole\u00a0?<\/strong><\/span><\/p>\n<p>Mais alors, pourrait-on objecter, l\u2019hypoth\u00e8se de l\u2019\u00e9volution biblique ne jette-t-elle pas par terre la croyance en l\u2019\u00c9criture sainte\u00a0? Si le livre de la Gen\u00e8se est constitu\u00e9 d\u2019un nombre de strates r\u00e9dactionnelles, laquelle de ces couches est authentiquement inspir\u00e9e\u00a0? Et puisque le texte a pu \u00eatre transform\u00e9 maintes fois, adapt\u00e9 \u00e0 des contextes et des int\u00e9r\u00eats particuliers, comment consid\u00e9rer encore la Bible comme \u00e9tant la Parole de Dieu\u00a0?<\/p>\n<p>C\u2019est un fait que les conclusions de l\u2019ex\u00e9g\u00e8se peuvent semer le doute, chez certains esprits superficiels, quant \u00e0 la signature divine de la collection de livres antiques que constitue le Premier Testament. Ces nouvelles connaissances devraient, \u00e0 tout le moins, remettre en question une lecture fondamentaliste ou litt\u00e9rale qui ne s\u2019enfargerait pas de bien discerner entre ce qui rel\u00e8ve des limites culturelles humaines et ce qui ressort de l\u2019inspiration divine. Une telle distinction est pourtant d\u2019une importance capitale. Car elle justifie le d\u00e9broussaillage de la recherche rationnelle de la v\u00e9rit\u00e9 et permet ainsi \u00e0 l\u2019esprit humain de d\u00e9boucher sur le sens r\u00e9siduel du texte, v\u00e9ritablement inspir\u00e9 par l\u2019Esprit Saint.<\/p>\n<p>Le magist\u00e8re de l\u2019\u00c9glise approuve et encourage cette recherche. Bien loin de remettre la foi en question, elle suscite en d\u00e9finitive son approfondissement. L\u2019\u00c9glise sait que la v\u00e9rit\u00e9 recherch\u00e9e par la raison ne peut pas contredire la v\u00e9rit\u00e9 r\u00e9v\u00e9l\u00e9e par Dieu. <em>\u00ab\u00a0La v\u00e9rit\u00e9 ne peut pas contredire la v\u00e9rit\u00e9\u00a0<\/em>\u00bb, a \u00e9crit lapidairement le pape L\u00e9on XIII (encyclique <em>Providentissimus Deus<\/em>).<em>\u00a0 <\/em>Jean-Paul II lui faisait \u00e9cho \u00e0 l\u2019occasion d\u2019un discours adress\u00e9 \u00e0 des \u00e9tudiants de Cologne. <em>\u00ab\u00a0Il ne peut y avoir de conflit fondamental entre la raison qui, en conformit\u00e9 de sa propre nature qui vient de Dieu, est ax\u00e9e sur la v\u00e9rit\u00e9 et est ordonn\u00e9e \u00e0 la connaissance de la v\u00e9rit\u00e9, et une foi, qui r\u00e9f\u00e8re \u00e0 cette m\u00eame source divine de toutes les v\u00e9rit\u00e9s. La foi confirme en fait les droits sp\u00e9cifiques de la raison naturelle\u00a0\u00bb<\/em> (5 novembre 1980). Lors d\u2019un symposium organis\u00e9 par l\u2019<em>Acad\u00e9mie pontificale des sciences<\/em>, le saint pape revenait sur ce th\u00e8me. <em>\u00ab\u00a0Lorsqu\u2019elles suivent leurs propres m\u00e9thodes respectives, la religion et la science sont des \u00e9l\u00e9ments constitutifs de la culture\u2026 et plut\u00f4t que de s\u2019opposer, elles sont marqu\u00e9es par la compl\u00e9mentarit\u00e9\u00a0\u00bb<\/em> (4 octobre 1991).<\/p>\n<p><span style=\"color: #003366;\"><strong>Lecture spirituelle<\/strong><\/span><\/p>\n<p>En ce qui concerne la fiabilit\u00e9 du texte biblique, l\u2019\u00c9glise, techniquement parlant, ne reconna\u00eet comme \u00e9tant sujet de foi en l\u2019inspiration divine que les manuscrits d\u2019origine. Elle ne se porte pas garante de l\u2019inerrance (sans erreur) des copies, des interpr\u00e9tations et des traductions qui en ont \u00e9t\u00e9 faites au cours des si\u00e8cles et qui peuvent contenir des erreurs.<\/p>\n<p>Le probl\u00e8me qu\u2019il y a \u00e0 ce sujet, c\u2019est qu\u2019il ne subsiste aucun texte d\u2019origine, tant du Nouveau que de l\u2019Ancien testament. Les chercheurs n\u2019ont acc\u00e8s qu\u2019\u00e0 des copies et des fragments de copies remontant \u00e0 l\u2019Antiquit\u00e9. La probl\u00e9matique est encore d\u00e9cupl\u00e9e du fait des strates de r\u00e9daction dont nous avons parl\u00e9. Faudrait-il ne se fier qu\u2019\u00e0 la plus ancienne couche, celle d\u2019origine ? Que restera-t-il du texte lorsqu\u2019on l\u2019aura expurg\u00e9 des ajouts, modifications, interpr\u00e9tations qui s\u2019y sont greff\u00e9s au cours des si\u00e8cles\u00a0? Une telle d\u00e9mystification des saintes \u00c9critures ne risque-t-elle pas d\u2019\u00e9teindre la foi\u00a0? \u00c0 force d\u2019\u00e9monder les branches de l\u2019arbre, on fini par le tuer.<\/p>\n<p>Orient\u00e9e dans cette direction, la d\u00e9marche objective me semble sans issue. La recherche scientifique se heurte ici \u00e0 une impasse. Bien qu\u2019elle puisse contribuer \u00e0 ouvrir plus largement l\u2019esprit \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 universelle, l\u2019anthropologie biblique demeure st\u00e9rile en ce sens qu\u2019elle ne peut \u00e9tancher la soif de connaissances religieuses ni occasionner de croissance spirituelle. Cette limite est cependant opportune. Car la m\u00e9thodologie rationnelle qu\u2019elle pr\u00e9conise peut et doit \u00eatre d\u00e9pass\u00e9e.<\/p>\n<p>Il s\u2019agit d\u2019effectuer une volte-face pour consid\u00e9rer la question d\u2019une perspective subjective. Celle de la foi. Celle du simple croyant, sans \u201csavantissime\u201d comp\u00e9tence, en qu\u00eate de croissance spirituelle. Il n\u2019a \u00e0 sa disposition que le texte biblique pr\u00e9serv\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 nous. Qu\u2019il se l\u2019approprie donc avec confiance\u00a0! Car il peut l\u00e9gitimement croire que l\u2019Esprit Saint l\u2019a inspir\u00e9 \u00e0 toutes les \u00e9tapes de son \u00e9volution. Il n\u2019y a pas que le premier r\u00e9dacteur qui ait \u00e9t\u00e9 inspir\u00e9 mais aussi ceux qui ont adapt\u00e9 le texte au contexte culturel qui \u00e9tait le leur afin d\u2019en actualiser pour eux le sens. De sorte que l\u2019inspiration divine ne co\u00efncide pas n\u00e9cessairement avec l\u2019\u00e9criture la plus archa\u00efque. Au contraire, elle s\u2019\u00e9tale de plus en plus clairement dans le temps au travers de l\u2019\u00e9volution du texte. C\u2019est donc dans les replis de cette \u00e9volution que s\u2019insinue la Parole divine.<\/p>\n<p><span style=\"color: #003366;\"><strong>\u00c0 propos des anthropomorphismes<\/strong><\/span><\/p>\n<p>On se doit pourtant de reconna\u00eetre qu\u2019il n\u2019est pas toujours facile de faire la part des choses entre l\u2019humain et le divin de cette \u00c9criture. D\u2019autant plus que certains r\u00e9cits bibliques attribuent directement \u00e0 Dieu des paroles et des oracles marqu\u00e9s par des sentiments, des attitudes, des agissements tr\u00e8s humains. Ces anthropomorphismes, qui refl\u00e8tent une m\u00e9connaissance des attributs de Dieu, faisait dire \u00e0 Voltaire\u00a0:<em>\u00a0\u00ab\u00a0Si Dieu nous a fait \u00e0 son image, nous le lui avons bien rendu\u00a0\u00bb.<\/em><\/p>\n<p>Parmi les nombreuses projections anthropomorphiques de la Gen\u00e8se, j\u2019en tire une du r\u00e9cit du d\u00e9luge qui est particuli\u00e8rement pertinente pour notre propos. <em>\u00ab\u2009Yahv\u00e9 vit que la m\u00e9chancet\u00e9 de l\u2019homme \u00e9tait grande sur la terre et que son c\u0153ur ne formait que de mauvais desseins \u00e0 longueur de journ\u00e9e. Yahv\u00e9 SE REPENTIT d\u2019avoir fait l\u2019homme sur la terre et il s\u2019affligea dans son c\u0153ur. Et Yahv\u00e9 dit\u00a0: \u201cJe vais effacer de la surface du sol les hommes que j\u2019ai cr\u00e9\u00e9s \u2013\u2009et avec les hommes, les bestiaux, les bestioles et les oiseaux du ciel\u2009\u2009\u2013 CAR JE ME REPENS de les avoir faits\u201d\u2009\u00bb<\/em> (Gn 6, 6-7)<em>. <\/em><\/p>\n<p>Bien entendu, Dieu n\u2019a pas pu se repentir d\u2019avoir cr\u00e9\u00e9 les humains pour ensuite les d\u00e9truire \u2013\u00a0et d\u00e9truire du m\u00eame souffle tous les animaux terrestres\u00a0\u2013 \u00e0 cause de leur m\u00e9chancet\u00e9. Car le repentir fait suite \u00e0 un p\u00e9ch\u00e9 ou une erreur, ce qui est incompatible avec la perfection divine. Le scribe qui a \u00e9crit ce r\u00e9cit ne savait pas que Dieu ne pourrait pas se r\u00e9tracter dans son Acte cr\u00e9ateur sans remettre en cause sa Bont\u00e9, sa Transcendance, sa Toute-puissance, sa Mis\u00e9ricorde. Toutefois, pour exposer l\u2019inspiration spirituelle qui le sollicitait, il ne disposait pas d\u2019un autre moyen de communication que la r\u00e9interpr\u00e9tation, dans le cadre sp\u00e9cifique du monoth\u00e9isme, d\u2019un \u00a0mythe issu du polyth\u00e9isme ambiant.<\/p>\n<p>Quelle \u00e9tait la teneur de cette inspiration\u00a0? Quelle v\u00e9rit\u00e9 voulait-il communiquer\u00a0par la transcription de cette fable\u00a0? Un message \u00e9cologique avant terme d\u00e9montrant le lien entre la vie morale et les lois de la nature\u00a0; si bien que le d\u00e9sordre moral de la collectivit\u00e9 humaine peut \u00a0avoir pour cons\u00e9quence des cataclysmes d\u00e9vastateurs pour la vie terrestre\u00a0? Pour d\u00e9crypter plus pr\u00e9cis\u00e9ment le sens du r\u00e9cit, il me faudrait entreprendre une analyse de l\u2019ensemble, ce qui nous \u00e9loignerait consid\u00e9rablement de mon propos<a href=\"#_edn1\" name=\"_ednref1\">[1]<\/a>. Le point que je veux faire valoir ici, c\u2019est que le premier livre de Samuel corrige l\u2019anthropomorphisme du REPENTIR DE DIEU, ce qui d\u00e9montre un progr\u00e8s de la culture religieuse du juda\u00efsme.<\/p>\n<p><span style=\"color: #003366;\"><strong>Un exemple d\u2019\u00e9volution<\/strong><\/span><\/p>\n<p>Le proph\u00e8te Samuel, qui avait consacr\u00e9 Sa\u00fcl comme premier roi d\u2019Isra\u00ebl, en vint \u00e0 le destituer pour avoir partiellement d\u00e9sob\u00e9i \u00e0 son oracle, lui ordonnant d\u2019exterminer les Amal\u00e9cites\u00a0: <em>\u00abMaintenant, va, frappe Amaleq, voue-le \u00e0 l\u2019anath\u00e8me avec tout ce qu\u2019il poss\u00e8de, sois sans piti\u00e9 pour lui, tue hommes et femmes, enfants et nourrissons, b\u0153ufs et brebis, chameaux et \u00e2nes\u00a0\u00bb<\/em> (1 Sa 15, 3).<\/p>\n<p>Sa\u00fcl avait ex\u00e9cut\u00e9 le mandat d\u2019exterminer le peuple \u2013\u00a0les g\u00e9nocides ne datent pas d\u2019aujourd\u2019hui, n\u2019est-ce pas\u00a0? \u2013 mais les combattants avaient pris comme butin les meilleures b\u00eates des troupeaux de l\u2019ennemi. Un accroc \u00e0 l\u2019injonction proph\u00e9tique qui remplissait le proph\u00e8te de fureur. <em>\u00ab\u00a0Samuel s\u2019enflamma et cria vers Yahv\u00e9 pendant toute la nuit.\u00a0\u00bb<\/em> Au matin, <em>\u00ab\u00a0la parole de Yahv\u00e9 fut adress\u00e9e \u00e0 Samuel en ces termes\u00a0: \u201cJe me REPENS d\u2019avoir donn\u00e9 la royaut\u00e9 \u00e0 Sa\u00fcl, car il s\u2019est d\u00e9tourn\u00e9 de moi et n\u2019a pas ex\u00e9cut\u00e9 mes ordres\u201d\u00a0\u00bb<\/em> (1 Sa 15, 10-11). M\u00eame lorsque le roi tentera de justifier la <em>\u00ab\u00a0d\u00e9sob\u00e9issance\u00a0\u00bb <\/em>du <em>\u00ab\u00a0peuple\u00a0\u00bb <\/em>par l\u2019intention d\u2019offrir les b\u00eates en holocauste \u00e0 Yahv\u00e9, Samuel ne lui pardonnera pas. <em>\u00ab\u00a0Aujourd\u2019hui, Yahv\u00e9 t\u2019a arrach\u00e9 la royaut\u00e9 sur Isra\u00ebl et l\u2019a donn\u00e9 \u00e0 ton voisin, qui est meilleur que toi\u00a0\u00bb <\/em>(v. 28).<\/p>\n<p>Et c\u2019est imm\u00e9diatement apr\u00e8s cette condamnation sans appel qu\u2019un verset est ins\u00e9r\u00e9 entre parenth\u00e8ses\u00a0dans le texte : <em>\u00ab\u00a0(Pourtant, la Gloire d\u2019Isra\u00ebl ne ment pas, NE SE REPENS PAS, car il n\u2019est PAS UN HOMME POUR SE REPENTIR)\u00a0\u00bb <\/em>(v. 29). \u00c0 l\u2019origine, ce commentaire a pu \u00eatre \u00e9crit par un scribe dans la marge. Il se retrouve aujourd\u2019hui entre parenth\u00e8ses dans le corps du texte sans doute parce qu\u2019un copiste, dans la foul\u00e9e de la culture subs\u00e9quente, a estim\u00e9 la glose justifi\u00e9e en ramenant l\u2019oracle sanguinaire en perspective au risque de faire planer le doute sur l\u2019intransigeance du proph\u00e9tisme de Samuel. Une radicalit\u00e9 que nous jugerions aujourd\u2019hui abusive, \u00e0 mettre sur le compte de la rivalit\u00e9 pour la primaut\u00e9 entre le pouvoir religieux et le pouvoir politique<a href=\"#_edn2\" name=\"_ednref2\">[2]<\/a>.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, nous pouvons reconna\u00eetre que l\u2019auteur de cette glose critique a \u00e9t\u00e9 inspir\u00e9 par l\u2019Esprit saint plus pr\u00e9cis\u00e9ment que certains autres passages anthropomorphiques des \u00c9critures. En corrigeant les conceptions d\u2019une \u00e9poque r\u00e9volue, son intervention t\u00e9moigne d\u2019une \u00e9volution culturelle impliquant tant la rationalit\u00e9 que la religion. C\u2019est m\u00eame la compl\u00e9mentarit\u00e9 de ces deux facettes de la conscience humaine<a href=\"#_edn3\" name=\"_ednref3\">[3]<\/a> qui porte la v\u00e9ritable signature de l\u2019Esprit.<\/p>\n<p><span style=\"color: #003366;\"><strong>Conclusion<\/strong><\/span><\/p>\n<p>Cette adaptation de l\u2019\u00c9criture \u00e0 la culture ponctuelle des scribes repr\u00e9sente pour nous aujourd\u2019hui un mod\u00e8le de relecture de la Parole de Dieu. Nous pouvons croire que l\u2019Esprit, qui a inspir\u00e9 jadis les intervenants bibliques successifs, peut encore instruire notre intelligence et notre c\u0153ur en toute coh\u00e9rence avec notre perception actuelle de la r\u00e9alit\u00e9. Car c\u2019est ce m\u00eame Esprit qui nous incite \u00e0 transposer ces \u00e9crits antiques dans la culture d\u2019aujourd\u2019hui pour que nous puissions nous syntoniser \u00e0 l\u2019inspiration divine qu\u2019ils contiennent.<\/p>\n<p>De sorte qu\u2019apr\u00e8s avoir explor\u00e9 le vaste panorama du questionnement amorc\u00e9 avec le <em>\u00ab\u00a0Faisons l\u2019homme\u00a0\u00bb<\/em>, nous bouclerons notre propos en interpr\u00e9tant l\u00e9gitimement sous le pluriel, une anticipation de la r\u00e9v\u00e9lation de la Trinit\u00e9, \u00e9voqu\u00e9e encore sous la forme des trois myst\u00e9rieux visiteurs apparus \u00e0 Abraham au Ch\u00eane de Mambr\u00e9, que la Gen\u00e8se d\u00e9crit tant\u00f4t comme des humains, tant\u00f4t comme la divinit\u00e9 Elle-m\u00eame (cf Gn 18 +).<\/p>\n<p><em>\u00c0 suivre<\/em><\/p>\n<p><a href=\"#_ednref1\" name=\"_edn1\">[1]<\/a> Voir dans <em>L\u2019\u00e9volution de l\u2019Alpha \u00e0 l\u2019Om\u00e9ga<\/em>, mon interpr\u00e9tation du mythe diss\u00e9min\u00e9e dans le 5<sup>e<\/sup>, le 28<sup>e<\/sup> et, surtout, le 42<sup>e<\/sup> entretien, pages 507 et +. Cet ouvrage est disponible sur ce site <a href=\"mailto:www@ac3m.org\">www@ac3m.org<\/a> dans les formats papier et num\u00e9rique.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref2\" name=\"_edn2\">[2]<\/a> On peut trouver un autre exemple de cette rivalit\u00e9 dans le livre des Nombres (chapitres 22-24) entre Balaq, roi de Moab, et Balaam, un proph\u00e8te pa\u00efen qui b\u00e9nit les Isra\u00e9lites plut\u00f4t que de les maudire \u00e0 la demande du roi. La source scripturaire de la parenth\u00e8se en Samuel se retrouve dans l\u2019un des oracles du \u201cvoyant\u201d \u00e9tranger, ce qui est particuli\u00e8rement significatif dans l\u2019optique de l\u2019acquisition progressive des connaissances religieuses par le peuple h\u00e9breu puisque c\u2019est d\u2019un pa\u00efen\u00a0d\u2019abord que provient la conscience de la Transcendance divine\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Dieu n\u2019est pas un homme pour qu\u2019il mente, ni fils d\u2019Adam pour qu\u2019il se r\u00e9tracte\u00a0\u00bb <\/em>(Nb 23, 19).<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref3\" name=\"_edn3\">[3]<\/a> Cette compl\u00e9mentarit\u00e9 duale ram\u00e8ne au rapport entre raison et foi, science et religion, comme le pr\u00e9cise Jean-Paul II dans la citation ci-haut.<\/p>\n<p><em>Cliquer sur le lien pour acc\u00e9der \u00e0 l\u2019article suivant :<a href=\"https:\/\/www.ac3m.org\/?p=10036\">\u00a0Les eaux du ciel et de la terre<\/a><\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0Dieu cr\u00e9a l\u2019homme \u00e0 son image, \u00e0 l\u2019image de Dieu il le cr\u00e9a, homme et femme il les cr\u00e9a\u2026 Soyez f\u00e9conds, multipliez, emplissez la terre et soumettez-la\u00a0\u00bb (Gn 1, 27-28). Dans mon article pr\u00e9c\u00e9dent, j\u2019ai soulev\u00e9 le probl\u00e8me du pluriel utilis\u00e9 par le r\u00e9dacteur de la Gen\u00e8se pour dire Dieu \u00e0 l\u2019heure de la cr\u00e9ation [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[931,75,1357],"tags":[9,1222,53,1626],"class_list":["post-9915","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-paul","category-evolution-2","category-la-genese-revisitee","tag-amour","tag-couple","tag-evolution","tag-homme-et-femme"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.ac3m.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/9915","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.ac3m.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.ac3m.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ac3m.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ac3m.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=9915"}],"version-history":[{"count":10,"href":"https:\/\/www.ac3m.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/9915\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":11322,"href":"https:\/\/www.ac3m.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/9915\/revisions\/11322"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.ac3m.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=9915"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ac3m.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=9915"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ac3m.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=9915"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}