{"id":7742,"date":"2014-11-12T14:20:26","date_gmt":"2014-11-12T19:20:26","guid":{"rendered":"http:\/\/www.ac3m.org\/?p=7742"},"modified":"2014-11-12T14:20:46","modified_gmt":"2014-11-12T19:20:46","slug":"pakistan-on-les-appelle-les-piliers-de-la-nation","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ac3m.org\/?p=7742","title":{"rendered":"Pakistan &#8211; On les appelle \u00ab les piliers de la nation \u00bb"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"color: #800000;\"><strong>Trois jours apr\u00e8s la mort atroce de deux chr\u00e9tiens pakistanais, br\u00fbl\u00e9s vifs dans un four de la briqueterie o\u00f9 ils travaillaient, des informations \u00e9mergent sur le contexte dans lequel vivait ce jeune couple, parents de trois enfants. Elles jettent une lumi\u00e8re crue sur les conditions de vie faite aux citoyens de seconde zone que sont les chr\u00e9tiens dans ce pays, le plus souvent cantonn\u00e9s \u00e0 des t\u00e2ches d\u2019\u00e9boueur-balayeur-vidangeur ou aux m\u00e9tiers r\u00e9serv\u00e9s \u00e0 ceux qui n\u2019ont rien d\u2019autre que leur force de travail \u00e0 offrir. Dans les briqueteries, il n\u2019est pas rare que les travailleurs et leurs proches, endett\u00e9s aupr\u00e8s des propri\u00e9taires de celles-ci, vivent dans des conditions proches de l\u2019esclavage.<\/strong><\/span><\/p>\n<div id=\"attachment_7743\" style=\"width: 210px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/www.ac3m.org\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/paki-brul\u00e9s.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-7743\" class=\"size-full wp-image-7743\" src=\"https:\/\/www.ac3m.org\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/paki-brul\u00e9s.jpg\" alt=\"5 novembre 2014, Kot Radha Kishan: Des proches du couple de chr\u00e9tiens br\u00fbl\u00e9s vifs se recueillent sur le lieu du drame (photo DR).\" width=\"200\" height=\"134\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-7743\" class=\"wp-caption-text\">5 novembre 2014, Kot Radha Kishan: Des proches du couple de chr\u00e9tiens br\u00fbl\u00e9s vifs se recueillent sur le lieu du drame (photo DR).<\/p><\/div>\n<p>Selon l\u2019agence <em>Fides<\/em>, le ministre-pr\u00e9sident de la province du Pendjab a rendu visite aux familles des deux \u00e9poux br\u00fbl\u00e9s vifs le 4 novembre dernier \u00e0 Kot Radha Kishan. Il leur a promis un d\u00e9dommagement de dix millions de roupies (78 500 euros) et un terrain de dix hectares. Des montants consid\u00e9rables pour des familles qui n\u2019avaient quasiment rien.<\/p>\n<p>Selon Nadeem Anthony, de la Commission des droits de l\u2019homme du Pakistan (HRCP), un organisme ind\u00e9pendant, la mort de Shahzad Masih et de son \u00e9pouse Shama Bibi, enceinte de son quatri\u00e8me enfant, n\u2019est li\u00e9e en aucune fa\u00e7on \u00e0 un soi-disant d\u00e9lit de profanation du Coran, l\u2019acte qui a men\u00e9 une foule en col\u00e8re \u00e0 lyncher le jeune couple. Elle a voir au fait que Shahzad Masih \u00e9tait endett\u00e9 aupr\u00e8s du propri\u00e9taire de la briqueterie o\u00f9 il travaillait depuis plusieurs ann\u00e9es, une dette d\u2019un montant approximatif de 100 000 roupies (785 euros), et que celui-ci avait peur que Shahzad Masih prenne la fuite sans rembourser son d\u00fb. La crainte du propri\u00e9taire de la briqueterie serait due au fait que le p\u00e8re de Shahzad venait de d\u00e9c\u00e9der apr\u00e8s avoir travaill\u00e9 vingt ans \u00e0 son service et que ce d\u00e9c\u00e8s aurait pu donner l\u2019id\u00e9e \u00e0 son fils de partir ailleurs chercher un sort meilleur. Le jeune couple aurait alors \u00e9t\u00e9 enferm\u00e9 pour emp\u00eacher toute fuite et l\u2019histoire de la profanation du Coran aurait \u00e9t\u00e9 mont\u00e9e de toutes pi\u00e8ces, provoquant l\u2019issue funeste que l\u2019on conna\u00eet.<\/p>\n<p>A l\u2019<em>AFP<\/em>, Iqbal Masih, un fr\u00e8re de Shahzad Masih, a expliqu\u00e9 que sa famille <em>\u00ab empruntait de l\u2019argent au propri\u00e9taire et travaillait en retour pour lui \u00bb<\/em> et que <em>\u00ab cela durait ainsi depuis des ann\u00e9es \u00bb. \u00ab Le 3 novembre, le propri\u00e9taire a appel\u00e9 Shahzad et l\u2019a enferm\u00e9, de peur qu\u2019il ne s\u2019enfuie pour sauver sa vie \u00bb<\/em>, a poursuivi ce proche parent en pleurs.<\/p>\n<p>Au Pakistan, la pratique qui voit des pauvres s\u2019endetter pour se trouver pieds et mains li\u00e9s \u00e0 leur employeur est en principe interdite par la loi, mais ce cercle vicieux est fr\u00e9quent et les organisations sp\u00e9cialis\u00e9es d\u00e9nombrent entre un et cinq millions de personnes ainsi r\u00e9duites \u00e0 un quasi-esclavage. Le plus souvent, cet \u00e9tat devient h\u00e9r\u00e9ditaire, les parents n\u2019ayant pas les moyens d\u2019envoyer leurs enfants \u00e0 l\u2019\u00e9cole. Pour changer d\u2019employeur, les chefs de famille n\u2019ont d\u2019autre recours que de rembourser leur dette en empruntant aupr\u00e8s d\u2019un nouvel employeur aupr\u00e8s duquel ils se trouvent \u00e0 nouveau en situation de d\u00e9pendance. Dans le pays, on les appelle \u00ab les piliers de la construction \u00bb ; ils fabriquent des briques du matin au soir pour nourrir le secteur du b\u00e2timent et la croissance \u00e9conomique du pays.<\/p>\n<p>Dans le quotidien <em>Dawn<\/em>, l\u2019un des plus influents journaux anglophones du pays, la bloggeuse et avocate Rafia Zakaria a fait para\u00eetre la tribune ci-dessous. Parue sous le titre <em>\u00ab The bloodstained bricks that build the nation \u00bb<\/em>, elle est dat\u00e9e du 7 novembre 2014. (La traduction est de la R\u00e9daction d\u2019<em>Eglises d\u2019Asie<\/em>.)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Trois jours apr\u00e8s la mort atroce de deux chr\u00e9tiens pakistanais, br\u00fbl\u00e9s vifs dans un four de la briqueterie o\u00f9 ils travaillaient, des informations \u00e9mergent sur le contexte dans lequel vivait ce jeune couple, parents de trois enfants. 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