{"id":1627,"date":"2012-06-05T08:34:56","date_gmt":"2012-06-05T12:34:56","guid":{"rendered":"http:\/\/www.ac3m.org\/?p=1627"},"modified":"2013-01-07T09:19:54","modified_gmt":"2013-01-07T14:19:54","slug":"2-lenigme-scientifique-du-suaire-de-turin-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ac3m.org\/?p=1627","title":{"rendered":"2-L&rsquo;\u00e9nigme scientifique du Suaire de Turin"},"content":{"rendered":"<h3><span style=\"color: #003366;\">&#8230;de nouvelles \u00e9vidences en d\u00e9montrent l&rsquo;authenticit\u00e9<\/span><\/h3>\n<p><span style=\"color: #800000;\"><strong>On aurait pu croire, \u00e0 la suite de la datation au carbone 14 du Linceul de Turin en 1988, que la controverse au sujet de son authenticit\u00e9 serait d\u00e9finitivement close. Un faux datant du Moyen-\u00e2ge, ont alors proclam\u00e9 les experts. Et l\u2019empressement qu\u2019on a mis \u00e0 r\u00e9pandre la nouvelle sur tous les toits du monde est symptomatique. Cette relique, que d\u2019aucuns ont qualifi\u00e9 de \u00abcinqui\u00e8me \u00e9vangile\u00bb, d\u00e9range! Surtout les ennemis du Christ\u2026 Et m\u00eame, certains de ses amis.<\/strong><\/span><\/p>\n<div id=\"attachment_1550\" style=\"width: 196px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/www.ac3m.org\/wp-content\/uploads\/2012\/06\/suaire8.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1550\" class=\"size-full wp-image-1550\" title=\"suaire8\" src=\"https:\/\/www.ac3m.org\/wp-content\/uploads\/2012\/06\/suaire8.jpg\" alt=\"\" width=\"186\" height=\"238\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1550\" class=\"wp-caption-text\">Barbara Frale est parvenue \u00e0 d\u00e9chiffrer le sens des inscriptions imprim\u00e9es en trois langues, le latin, le grec et l\u2019aram\u00e9en, autour du visage de l\u2019homme du suaire.<\/p><\/div>\n<p>Bien loin de mettre un point final au d\u00e9bat scientifique, la datation a provoqu\u00e9 depuis une cascade de recherches des plus poin\u00adtues qui aboutissent formellement \u00e0 la conclusion de son authenticit\u00e9. Des preuves nouvelles qui s\u2019ajoutent \u00e0 la panoplie d\u2019indices probants accumul\u00e9s depuis que le n\u00e9gatif de la photo de Secondo Pia, en 1898, a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 pour la premi\u00e8re fois, \u00e0 pr\u00e8s de 2000 ans de distance, le visage sublime du Crucifi\u00e9. Des scientifiques de haut calibre vont m\u00eame jusqu\u2019\u00e0 affirmer non seulement que le drap fun\u00e9raire est bien celui dans lequel J\u00e9sus \u2014et nul autre\u2014 a \u00e9t\u00e9 enseveli apr\u00e8s sa mort mais on sugg\u00e8re \u00e9galement que l\u2019empreinte de son corps a \u00e9t\u00e9 produite par sa r\u00e9surrection.<\/p>\n<p>La plus r\u00e9cente trouvaille a \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9e par Barbara Frale, l\u2019historienne et arch\u00e9ologue de renom \u00e0 l\u2019origine de la d\u00e9couverte du Parchemin de Chinon dans les archives secr\u00e8tes du Vatican. Ce document d\u00e9montre que le pape Cl\u00e9ment V a pardonn\u00e9 et r\u00e9habilit\u00e9 Jacques de Molay, le dernier ma\u00eetre des Templiers, en 1308. Une preuve qui a renvers\u00e9 les id\u00e9es re\u00e7us, g\u00e9n\u00e9ralement malveillantes, \u00e0 l\u2019\u00e9gard du r\u00f4le que l\u2019\u00c9glise catholique a jou\u00e9 dans l\u2019\u00e9radication de l\u2019Ordre.<\/p>\n<p>De r\u00e9cents travaux, publi\u00e9s au d\u00e9but de 2009, ont amen\u00e9 la scientifique \u00e0 faire un lien entre l\u2019Ordre du Temple et le Suaire. Elle croit que l\u2019\u201cidole\u201d secr\u00e8te, le \u00abBaphomet\u00bb, que l\u2019Inquisition accusait les Templiers d\u2019adorer, \u00e9tait en fait le drap fun\u00e9raire que l\u2019on identifiera plus tard comme le Linceul de Turin.<\/p>\n<div>\n<div id=\"attachment_1551\" style=\"width: 220px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/www.ac3m.org\/wp-content\/uploads\/2012\/06\/barbara.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1551\" class=\" wp-image-1551 \" title=\"barbara\" src=\"https:\/\/www.ac3m.org\/wp-content\/uploads\/2012\/06\/barbara-300x296.jpg\" alt=\"\" width=\"210\" height=\"207\" srcset=\"https:\/\/www.ac3m.org\/wp-content\/uploads\/2012\/06\/barbara-300x296.jpg 300w, https:\/\/www.ac3m.org\/wp-content\/uploads\/2012\/06\/barbara-100x100.jpg 100w, https:\/\/www.ac3m.org\/wp-content\/uploads\/2012\/06\/barbara.jpg 364w\" sizes=\"auto, (max-width: 210px) 100vw, 210px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1551\" class=\"wp-caption-text\">Barbara Frale, historienne aux archives du Vatican.<\/p><\/div>\n<p>Cette association l\u2019am\u00e8ne donc \u00e0 effectuer des recherches sur le suaire. Les conclusions de son expertise viennent de para\u00eetre en italien dans un livre intitul\u00e9 Le Suaire de J\u00e9sus le Nazar\u00e9en. \u00c0 peine quelques jours apr\u00e8s sa parution, le livre a fait le tour du monde et allume des controverses passionn\u00e9es.<\/p>\n<\/div>\n<h6><span style=\"color: #800000;\">La sensationnelle d\u00e9couverte<\/span><\/h6>\n<p><em>\u00abEn 1978<\/em>, \u00e9crit-elle en guise d\u2019introduction \u00e0 son livre, <em>un chimiste et un latiniste de l\u2019Universit\u00e9 catholique de Milan se sont aper\u00e7us que sur le n\u00e9gatif de certaines photos du suaire de Turin apparaissaient des traces d\u2019\u00e9criture: les \u00e9crits se r\u00e9f\u00e9raient \u00e0 la mort de J\u00e9sus et avaient un aspect tr\u00e8s antique, tr\u00e8s proche de celui d\u2019autres t\u00e9moignage remontant au 1er si\u00e8cle.\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Ce constat est demeur\u00e9 sans suite et il semble qu\u2019aucun expert n\u2019a eu l\u2019id\u00e9e de pousser plus loin l\u2019investigation, et d\u2019autant plus apr\u00e8s la datation au carbone 14 de 1988. Il faut dire que les chercheurs ne disposaient pas alors de technologies et programmes informatiques nouveaux de haute d\u00e9finition qu\u2019a pu utiliser la chercheuse pour son expertise.<\/p>\n<p>Elle conclut que les traces d\u2019\u00e9criture proviennent d\u2019un <em>\u00abcertificat de d\u00e9c\u00e8s\u00bb<\/em>. De tels parchemins \u00e9taient alors d\u2019usage pour identifier le cadavre dans les s\u00e9pulcres communs. Ainsi, une fois la putr\u00e9faction achev\u00e9e, apr\u00e8s un an, les restes pouvaient \u00eatre rendus \u00e0 la famille.<\/p>\n<p>Le certificat que Frale a pu reconstituer, en s\u2019appuyant sur les travaux de pal\u00e9ographes, d\u2019arch\u00e9ologues et d\u2019historiens, est \u00e9crit dans les trois langues de l\u2019\u00e9poque de J\u00e9sus \u00e0 J\u00e9rusalem: le latin, le grec et l\u2019aram\u00e9en. Il dit ceci: <em>\u00abDans la 16e ann\u00e9e du r\u00e8gne de Tib\u00e8re<\/em> (soit l\u2019an 30), <em>J\u00e9sus de Nazareth, mort \u00e0 la neuvi\u00e8me heure, apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9 \u00e0 mort par un tribunal romain et apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 reconnu coupable par les autorit\u00e9s juives, a \u00e9t\u00e9 enterr\u00e9 avec l\u2019obligation de rendre son corps \u00e0 sa famille apr\u00e8s une ann\u00e9e\u00bb.<\/em><\/p>\n<p>Le texte, qui colle parfaitement aux r\u00e9cits des \u00e9vangiles, a \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9 sur un papyrus pos\u00e9 sur le linceul. Frale croit que les m\u00e9taux contenus dans l\u2019encre utilis\u00e9e ont travers\u00e9 le parchemin et laiss\u00e9 des traces quasi invisibles \u00e0 l\u2019\u0153il nu sur le lin du Suaire.<\/p>\n<p>Barbara est catholique. Elle o\u00adpi\u00adne que le texte d\u00e9chiffr\u00e9 n\u2019aurait pu vraisemblablement \u00eatre r\u00e9dig\u00e9 au Moyen-\u00e2ge. Car un faussaire \u00e0 cette \u00e9poque n\u2019aurait pas nomm\u00e9 <em>\u00abJ\u00e9sus de Nazareth\u00bb<\/em> sans faire allusion \u00e0 sa divinit\u00e9.<br \/>\nDans sa recherche, toutefois, elle affirme avoir laiss\u00e9 de c\u00f4t\u00e9 tout aspect religieux. <em>\u00abCe n\u2019est pas ma t\u00e2che de d\u00e9terminer si cet homme est le Christ, fils de Dieu\u00bb<\/em>, \u00e9crit-elle dans la pr\u00e9face de son livre. De plus, elle insiste sur le fait que dans son \u00e9tude, il n\u2019est absolument pas question de<em> \u00abl\u2019authenticit\u00e9 du suaire en rapport avec le myst\u00e8re de la r\u00e9surrection du Christ\u00bb<\/em>. Son livre vise simplement \u00e0 <em>\u00abconstater qu\u2019il existe un document ancien qui certifie l\u2019ex\u00e9cution d\u2019un homme en un temps et un lieu sp\u00e9cifiques\u00bb<\/em>. Et il s\u2019appelait <em>\u00abYeshua ben Yoseph\u00bb<\/em> (J\u00e9sus, fils de Joseph).<\/p>\n<h6><span style=\"color: #800000;\">Les objections<\/span><\/h6>\n<p>La quasi invisibilit\u00e9 de l\u2019\u00e9crit d\u00e9chiffr\u00e9 n\u2019a pas manqu\u00e9 de susciter le scepticisme de plusieurs experts et pr\u00e9lats qui croyaient jusque-l\u00e0 conna\u00eetre \u00e0 fond le Linceul. Entre autres, Antonio Lombatti, un historien du Vatican qui a \u00e9crit plusieurs livres sur le suaire: <em>\u00abDes gens travaillent sur des photos \u00e0 gros grain et croient voir des choses\u00bb,<\/em> ironise-t-il.<\/p>\n<div id=\"attachment_1552\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/www.ac3m.org\/wp-content\/uploads\/2012\/06\/suaire2.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1552\" class=\"size-medium wp-image-1552\" title=\"The Shroud of Turin\" src=\"https:\/\/www.ac3m.org\/wp-content\/uploads\/2012\/06\/suaire2-300x183.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"183\" srcset=\"https:\/\/www.ac3m.org\/wp-content\/uploads\/2012\/06\/suaire2-300x183.jpg 300w, https:\/\/www.ac3m.org\/wp-content\/uploads\/2012\/06\/suaire2.jpg 468w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1552\" class=\"wp-caption-text\">Raymond Rogers, lors de l\u2019examen du Suaire par 24 scientifiques en 1978.<\/p><\/div>\n<p>Lombatti admet que des papyrus \u00e9crit en grec et en aram\u00e9en ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9s dans des tombes juives du 1er si\u00e8cle mais il soutient n\u2019avoir jamais entendu parler d\u2019inscription latine. Il rejette \u00e9galement l\u2019id\u00e9e selon laquelle les autorit\u00e9s romaines auraient retourn\u00e9 le corps d\u2019un crucifi\u00e9 \u00e0 sa parent\u00e9 apr\u00e8s avoir rempli des formalit\u00e9s \u00e9crites. Selon lui, les cadavres des crucifi\u00e9s \u00e9taient laiss\u00e9s sur les croix ou jet\u00e9s au d\u00e9potoir. <em>\u00abLe message \u00e9tait que vous n\u2019aviez m\u00eame pas droit \u00e0 une tombe o\u00f9 vos proches pourront vous pleurer.\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Une opinion qui entre en contradiction flagrante avec des r\u00e9cits remontant au 1er si\u00e8cle. Les \u00e9vangiles pr\u00e9cisent en effet que Pilate a autoris\u00e9 les proches de J\u00e9sus \u00e0 l\u2019ensevelir dans une tombe nouvellement creus\u00e9e aux abords du lieu du supplice. Quant \u00e0 l\u2019inscription latine, ne s\u2019explique-t-elle pas facilement du fait de la condamnation et de l\u2019ex\u00e9cution par les Romains? Dans une telle circonstance, ne serait-ce pas plut\u00f4t l\u2019absence du latin qui pourrait \u00eatre jug\u00e9e atypique?<\/p>\n<p>Luigi Garlaschelli, un professeur de chimie de l\u2019Universit\u00e9 de Pavia, Italie, soutient pour sa part que bien des choses, qui ont \u00e9t\u00e9 vues sur le linceul se sont par la suite av\u00e9r\u00e9es fausses. Et il donnait comme exemple les pi\u00e8ces d\u2019argent recouvrant les yeux de l\u2019homme que les images \u00e0 haute d\u00e9finition r\u00e9alis\u00e9es en 2002 n\u2019auraient pas confirm\u00e9es.<\/p>\n<p>Le professeur a dirig\u00e9 r\u00e9cemment un groupe d\u2019experts qui ont reproduit la face du suaire en utilisant un bas-relief et du mat\u00e9riel disponible au 14e si\u00e8cle, prouvant ainsi, estime-t-il, que le suaire a \u00e9t\u00e9 fabriqu\u00e9 par une main humaine au Moyen-\u00e2ge.<\/p>\n<h6><span style=\"color: #800000;\">La datation en question<\/span><\/h6>\n<p>Les objecteurs ont tous ceci en commun qu\u2019ils consid\u00e8rent irr\u00e9futable le r\u00e9sultat de la datation au carbone 14 de 1988. Ils croient que cette m\u00e9thode scientifique a torpill\u00e9 pour de bon la th\u00e8se de l\u2019authenticit\u00e9 de la relique.<br \/>\nOr, d\u2019\u00e9minentes sommit\u00e9s de diverses comp\u00e9tences contestent ces r\u00e9sultats. Elles d\u00e9plorent, entre autres, que le protocole exig\u00e9 normalement pour valider une expertise scientifique n\u2019ait pas \u00e9t\u00e9 observ\u00e9 lors de la datation.<\/p>\n<p>En 1993, une communaut\u00e9 internationale de scientifiques regroupant des sp\u00e9cialistes de haut niveau de 18 pays, dont des ath\u00e9es et des chr\u00e9tiens de diverses confessions, se sont r\u00e9unis \u00e0 Rome. Leur porte-parole, le docteur Arnaud-Aaron Upinsky, math\u00e9maticien, historien et expert en syst\u00e8me logique, d\u00e9clarait en conclusion de leur symposium que <em>\u00absi la science soumet l\u2019\u00e9valuation du Linceul au m\u00eame niveau d\u2019exigence \u00e9pist\u00e9mologique r\u00e9guli\u00e8rement requis pour identifier les ph\u00e9nom\u00e8nes physiques et au vu des r\u00e9sultats d\u00e9j\u00e0 acquis, elle ne peut que conclure: l\u2019homme du Linceul ne peut pas ne pas \u00eatre J\u00e9sus de Nazareth\u00bb.<\/em><\/p>\n<p>La m\u00eame ann\u00e9e, des sp\u00e9cialistes d\u00e9couvrent sur une partie t\u00e9moin de l\u2019\u00e9chantillon fourni aux laboratoires pour la datation, la pr\u00e9sence de <em>\u00abvernis Lichenothelia\u00bb<\/em>, un rev\u00eatement bioplastique qui a pu fausser la mesure en Carbone 14. Un constat que confirmera plus tard une recherche de Raymond Rogers, un biochimiste am\u00e9ricain reconnu pour sa rigueur scientifique extr\u00eame.<\/p>\n<p>Au d\u00e9part de son approche scientifique du Suaire, il ne croyait pas \u00e0 son authenticit\u00e9. Il \u00e9tait l\u2019un des quelque 24 scientifiques du STURP (\u00abShroud of Turin Research Project\u00bb) qui ont auscult\u00e9 le suaire sous toutes ses coutures en 1978 avec les instruments scientifiques les plus sophistiqu\u00e9s de l\u2019\u00e9poque. Suite \u00e0 cet examen sans interruption durant cinq jours, on concluait que le Suaire n\u2019avait \u00e9t\u00e9 ni teint, ni peint, ni color\u00e9 d\u2019aucune fa\u00e7on, que les taches sombres \u00e9taient bien du sang. Le myst\u00e8re demeurait donc entier sur la fabrication de cet objet unique et sans parall\u00e8le dans le monde entier<\/p>\n<p>Apr\u00e8s la datation au carbone 14, Raymond Rogers, qui \u00e9tait jusque-l\u00e0 r\u00e9serv\u00e9 sur la question de l\u2019authenticit\u00e9, s\u2019est rang\u00e9 du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019expertise et a cru \u00e0 l\u2019hypoth\u00e8se du faussaire du Moyen-\u00e2ge. Il \u00e9tait m\u00eame choqu\u00e9 par les th\u00e9ories qui n\u2019ont pas tard\u00e9 \u00e0 se manifester et qui contestaient le verdict scientifique. Il se moquait d\u2019eux en les qualifiant leurs auteurs de lunatiques.<\/p>\n<h6><span style=\"color: #800000;\">La clef de la controverse<\/span><\/h6>\n<p>C\u2019est dans cet esprit qu\u2019il abordait la publication d\u2019une \u00e9tude de Joseph Marino et Sue Benford. Le couple n\u2019avait aucun cr\u00e9dit \u00e0 ses yeux, d\u2019autant plus que ces gens n\u2019avaient aucune comp\u00e9tence scientifique reconnue.<br \/>\nIl se donna tout de m\u00eame la peine de v\u00e9rifier leur th\u00e8se \u00e0 l\u2019effet que l\u2019\u00e9chantillon utilis\u00e9 pour la datation, pr\u00e9lev\u00e9 en p\u00e9riph\u00e9rie du drap, provenait d\u2019un reprisage invisible, selon une technique dite fran\u00e7aise, avec du coton enduit d\u2019une teinture pour uniformiser la couleur \u00e0 la partie principale, tiss\u00e9e exclusivement avec du lin, o\u00f9 appara\u00eet l\u2019image.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s v\u00e9rification sur des \u00e9chantillons qu\u2019il d\u00e9tenait, il a \u00e9t\u00e9 boulevers\u00e9 de constater que le couple avait vu juste. Il en concluait que la datation du reprisage invisible \u00e9tait exacte mais ne refl\u00e9tait pas l\u2019\u00e2ge r\u00e9el du tissu o\u00f9 s\u2019est imprim\u00e9e l\u2019image. Et avant de d\u00e9c\u00e9der d\u2019un cancer en 2005, il s\u2019est d\u00e9clar\u00e9 prudemment convaincu que le Suaire remonte \u00e0 J\u00e9sus.<\/p>\n<h6><span style=\"color: #800000;\">La th\u00e8se de l\u2019irradiation<\/span><\/h6>\n<p>Une fois admise l\u2019anciennet\u00e9 de la relique, reste enti\u00e8re l\u2019\u00e9nigme de l\u2019image qu\u2019elle contient. Les scientifiques se demandent encore comment elle a pu \u00eatre produite.<\/p>\n<p>Bien que spectaculaire, la d\u00e9monstration de Luigi Garlaschelli cit\u00e9e ci-dessus n\u2019est gu\u00e8re convaincante. On ne voit pas comment un sculpteur de bas-relief du Moyen-\u00e2ge aurait su reproduire le corps entier, incluant la partie post\u00e9rieure, d\u2019un homme ayant subi le supplice de la crucifixion avec une v\u00e9rit\u00e9 qui d\u00e9note des connaissances anatomiques alors inconnues, des d\u00e9tails sur la crucifixion non pr\u00e9cis\u00e9s dans les \u00e9vangiles et que la science moderne ignorait avant d\u2019\u00e9tudier le Suaire.<\/p>\n<p>Plusieurs sp\u00e9cialistes, dans la foul\u00e9e des travaux de la NASA (l\u2019agence spatiale am\u00e9ricaine), qui a consacr\u00e9 au Suaire des centaines de milliers d\u2019heures de recherche, ont \u00e9mis l\u2019hypoth\u00e8se que l\u2019empreinte avait pu \u00eatre produite par une br\u00e8ve et intense radiation\u2026 Ce qui laisse entendre qu\u2019un flux de particules atomiques aurait pu \u00eatre \u00e9mis par le cadavre envahi par une intense \u00e9nergie lors de la r\u00e9surrection.<\/p>\n<p>Jean-Baptiste Rinaudo, pr\u00eatre et bio-physicien \u00e0 la Facult\u00e9 de m\u00e9decine de Montpelier, sp\u00e9cialiste de m\u00e9decine nucl\u00e9aire, a eu le m\u00e9rite de v\u00e9rifier en laboratoire son hypoth\u00e8se selon laquelle un rayonnement de proton a pu brunir le textile tr\u00e8s superficiellement. Ce qui expliquerait selon lui pourquoi ceux qui ont dat\u00e9 le textile au carbone 14 se sont tromp\u00e9s. Car dans ce rayonnement, soutient-il, un flux de neutrons aurait rajeuni le tissu.<\/p>\n<p>Pour le prouver, Rinaudo a pris les grands moyens. Il a utilis\u00e9 une pi\u00e8ce de lin d\u2019une momie \u00e2g\u00e9e de 3400 ans selon une datation au carbone 14 et l\u2019a fait irradier. Par la suite, un \u00e9chantillon irradi\u00e9 a de nouveau \u00e9t\u00e9 soumis \u00e0 la datation au C14. <em>\u00abLe r\u00e9sultat a \u00e9t\u00e9 spectaculaire,<\/em> a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 le scientifique, <em>parce que la nouvelle datation a donn\u00e9 46 000 ans dans le futur.\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Rinaudo a par la suite conduit d\u2019autres exp\u00e9riences sur le lin d\u2019une momie datant de l\u2019\u00e9poque du Christ dont les r\u00e9sultats lui font dire que <em>\u00able Suaire ne peut plus aujourd\u2019hui \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme un faux du Moyen-\u00e2ge\u00bb<\/em>. Mais est-ce le pr\u00eatre ou le scientifique qui affirme sans h\u00e9siter que le Linceul est bel et bien celui qui a envelopp\u00e9 le corps de J\u00e9sus apr\u00e8s sa mort?<\/p>\n<p><span style=\"text-decoration: underline;\"><a href=\"https:\/\/www.ac3m.org\/?p=1469\">Voir un autre article sur le sujet<\/a><\/span><\/p>\n<p>* Article paru dans Le NIC, 27 d\u00e9cembre 2009<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&#8230;de nouvelles \u00e9vidences en d\u00e9montrent l&rsquo;authenticit\u00e9 On aurait pu croire, \u00e0 la suite de la datation au carbone 14 du Linceul de Turin en 1988, que la controverse au sujet de son authenticit\u00e9 serait d\u00e9finitivement close. Un faux datant du Moyen-\u00e2ge, ont alors proclam\u00e9 les experts. 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