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Les parents du petit brésilien Lucas Maeda de Olivera, heureux bénéficiaire du deuxième miracle nécessaire à la canonisation de Francisco et Jacinta, témoignent avant l’arrivée du Saint-Père à Fatima.

Isabelle Cousturié

C’est  la guérison « inexpliquable » d’un petit enfant du Brésil,  Lucas Maeda de Olivera,  que l’Église a reconnu comme miracle pour la canonisation des deux petits bergers de Fatima , Jacinta et Francisco, proclamés saints ce 13 mai par le pape François. Avant que le Saint-Père n’arrive à Fatima, les parents  de Lucas ont partagé leur témoignage « à la demande » de leur fils. L’enfant  a aujourd’hui 10 ans. Il est originaire du diocèse de Campo Mourao, dans l’État de Paraná, au sud du Brésil, et la reconnaissance officielle de sa guérison miraculeuse par intercession des deux petits voyants a été promulguée le 23 mars dernier.

© PATRICIA DE MELO MOREIRA / AFP
Joao Batista et Lucila Yurie, les parents de Lucas Maeda de Olivera, l’enfant « miraculé » par l’intercession de Francisco et Jacinta

Le premier miracle obtenu par leur intercession et retenu pour leur béatification, en 2000, était la guérison, le 25 mars 1987, de María Emilia Santos, de Leiria (Portugal), paraplégique, suite à une neuvaine récitée lors d’une retraite pour les malades, à Fatima.

« Nous ressentons une immense joie… »

C’est sans leur enfant que Joao Batista et son épouse Lucila Yurie se sont présentés, très émus, devant les journalistes dans le sanctuaire de Fatima, le 11 mai dernier, pour témoigner de la « guérison miraculeuse »  survenue à leur fils il y a quatre ans, par intercession des bienheureux Francisco et Jacinta. Le fameux « deuxième miracle » nécessaire pour pouvoir proclamer leur sainteté. « Nous ressentons une immense joie que ce soit le miracle qui conduit à la canonisation des deux enfants (…) Jacinta et Francisco ont aidé notre petit garçon et aident encore notre famille », ont déclaré les parents après avoir témoigné des faits.

Récit du drame

Nous sommes en mars 2013. Le petit Lucas, alors âgé de cinq ans, se trouve chez son grand-père et joue avec sa petite sœur, quand tout à coup il glisse et tombe de la fenêtre, se fracassant le crâne après une chute de plus de six mètres de haut, racontent les parents. Transféré immédiatement à l’hôpital le plus proche, l’enfant arrive dans le coma, et fait deux arrêts cardiaques avant d’être opéré d’urgence, dans des conditions absolument inappropriées pour un traumatisme crânien aussi grave. Le pire est à craindre. « Votre fils a peu de chance de survivre », pronostiquent les médecins, ou alors « il vivra dans un état végétatif permanent avec de graves déficiences neurologiques et cognitives ».

Mais c’était sans compter sur la foi profonde de la famille de Lucas, la famille du petit garçon, « très dévouée » à Notre-Dame de Fatima, qui s’est immédiatement mise en en contact avec le carmel de Campo Mourão pour demander aux sœurs de prier pour leur petit garçon. Les religieuses n’ont cessé de prier devant les reliques des bienheureux Francisco et Jacinta posées près du tabernacle de leur chapelle : « Pastoureaux, sauvez ce petit garçon, qui est un enfant comme vous ! », ne cessaient-elles de prier à tout bout de champs et à tour de rôle. D’abord une, puis toute la communauté. Et la famille faisait la même chose de son côté.

La guérison miraculeuse

Le 9 mars, soit six jours après le drame, Lucas s’est réveillé et s’est mis à parler. Déjà, au moment de l’accident, en ramassant son fils sur le trottoir, le père de Lucas avait invoqué Notre-Dame de Fatima et les deux petits bienheureux.

Douze jours après son hospitalisation, Lucas était remis sur pied, sans aucune thérapie à suivre, son état jugé « totalement revenu à la normalité » selon la locution latine Restitutio in integrum qui, en droit civil, veut dire « retour à l’état initial » après dommage. Jugement rapporté noir sur blanc dans la positio préparée et rédigée par la commission médicale de la congrégation pour les causes des saints, et le postulateur de la cause des petits pastoureaux, qui renferme tous les actes nécessaires à l’aboutissement du décret juridique par lequel un fait prodigieux est reconnu comme un véritable miracle.

Lucas, affirment ses parents, « est complètement rétabli, sans aucun symptôme ni séquelle. Il est resté celui qu’il était avant l’accident : son intelligence, son caractère, il est resté le même ». Les médecins consultés ont reconnu ne pas s’expliquer ce rétablissement, « même les non-croyants ».

« Mirabilis Deus in sanctis suis (Dieu est admirable dans ses saints », a déclaré l’évêque de Leiria-Fatima dans une homélie sur la tombe de Francisco et Jacinta. « Dieu est vraiment admirable, Lui qui a voulu se glorifier, à travers deux petits enfants analphabètes et pourtant si précieux à Ses yeux ! Je veux terminer par une prière fervente à Francisco, le consolateur, afin qu’il continue d’intercéder pour nous devant Jésus Christ Notre Seigneur, et à la petite Jacinta, l’amie des pécheurs, afin qu’elle intercède pour nous auprès du cœur immaculé de Marie, pour nous, pauvres pécheurs ».

Remerciements

Les parents de Lucas, Joao et Lucila, ont remercié le personnel de l’hôpital, ainsi que Sœur Angela de Fatima Coelho, postulatrice de la cause en canonisation des deux petits bergers, pour son merveilleux travail tout au long du procès, et le sanctuaire de Fatima pour les avoir invités à « ce moment de grâce » que représente à leurs yeux le centenaire des apparitions de la Vierge à Fatima et la canonisation des deux petits bergers, Francisco et jacinta.

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